Après la nomination de Vincent Bolloré au poste de vice-président du conseil de surveillance de Vivendi, le groupe a annoncé une probable scission du holding, qui ferait de SFR une entreprise indépendante. Une entrée en Bourse de l’opérateur en 2014 n’est pas non plus écartée.

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Vivendi vit actuellement une période transitoire sans précédent. Le holding, qui regroupe désormais Universal Music, GVT, Canal+ et SFR (après les cessions de Maroc Telecom et Activision Blizzard en juillet dernier), indique dans un communiqué qu’une scission de son activité allait être mise à l’étude. Cette scission permettrait au groupe d’être scindé en deux sociétés distinctes. D’une part, Universal Music, Canal+ et GVT, et de l’autre SFR, qui devrait, elle, entrer en Bourse dès l’automne 2014. L’idée, selon Vivendi, consiste à créer  un « groupe de médias international basé en France. Cette action ne voudrait pourtant pas dire que le holding français souhaite se détacher de toute activité liée aux télécoms, même si Vivendi, propriétaire à 100 % de sa filiale GVT (opérateur brésilien), comptait vendre l’entreprise au début de l’année 2013. Vivendi s’est finalement rétracté, constatant le fort taux de croissance de la société, présente sur l’un des marchés les plus prometteurs au monde. L’entreprise a en revanche annoncé sa séparation de Maroc Telecom.

Bolloré et ses projets pour SFR

L’annonce de cette future scission semble en tout cas très liée aux récents événements survenus au sein du holding hexagonal. Vincent Bolloré, premier actionnaire du groupe avec 5 % de parts, était engagé depuis quelques jours dans une bataille avec Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance du holding et ex-PDG du groupe. Cette querelle allait même pousser M. Fourtou vers la sortie. Mais un accord a été trouvé hier lors d’une réunion extraordinaire du conseil de surveillance, pendant laquelle Vincent Bolloré a été nommé vice-président du conseil, au côté de Fourtou, dont la fonction est finalement restée intacte, mais qui reste néanmoins en sursis (son mandat s’achève en 2016).

Devant les médias, les deux hommes ont d’ailleurs fait mine d’avoir enterré la hache de guerre. « C’est un grand honneur et une grande joie d’avoir été choisi par Jean-René Fourtou, déclare au Monde Vincent Bolloré. C’est quelqu’un que je connais depuis trente ans et pour lequel j’ai beaucoup d’amitié. Nous allons désormais travailler main dans la main. Cela clarifie les inquiétudes des uns et des autres. » Et d’ajouter : « J’étais depuis un an autour de la table du conseil de surveillance à regarder ce qui se passait chez Vivendi. Je vais désormais m’y impliquer avec Jean-René Fourtou.” Il semble en tout cas avoir déjà eu son mot à dire dans le cadre de la gouvernance du groupe. A noter toutefois que Bolloré détient des parts dans SFR. Des parts qu’il ne souhaite d’ailleurs pas abandonner lorsque l’opérateur deviendra entièrement indépendant, a indiqué le principal intéressé à BFM TV Business. Une place au conseil de surveillance de Vivendi serait-elle juste un tremplin pour l’homme d’affaire breton avant de prendre la tête de SFR l’an prochain ?

Quid de Maroc Telecom ?

Mais si les choses semblent effectivement se clarifier pour Vivendi, qui a rebondi en Bourse depuis cette annonce ce matin (à l’heure où nous mettons sous presse, l’action est à 17,25 euros, à +0,55 %), l’épisode Maroc Telecom ne risque pas de prendre fin de sitôt. En effet, Vivendi avait déclaré en juillet la cession de ses parts (53 %) dans l’opérateur marocain au groupe émirati Etisalat. Une transaction qui devait a priori être bouclée avant la fin de l’année. Et comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, Vodafone aurait décidé de venir jouer les trouble-fête. Le groupe d’outre-Manche aurait, selon la presse britannique, exprimé son intérêt pour Maroc Telecom. Il serait même prêt à débourser 7,1 milliards d’euros, contre les 4,2 milliards proposés par Etisalat. Si Vodafone n’intervient que maintenant dans cette affaire, c’est forcément grâce à la transaction historique opérée avec l’américain Verizon Communications, pour la cession des 45 % détenus par Vodafone dans leur filiale commune, Verizon Wireless. Le montant de l’acquisition annoncé s’élève à 130 milliards de dollars. De quoi permettre à Vodofane d’étendre son réseau en Afrique du Nord, un bastion encore inexploré par le réseau.