Amazon qui présente ses Kindle outre-Atlantique, et voilà l’e-commerçant sous les feux de la rampe. Même si rien n’est encore annoncé de notre côté du globe pour ces trois nouvelles tablettes, voici l’occasion rêvée de revenir sur un acteur majeur du monde d’Android, qui propose, via son Fire OS, sa propre lecture d’Android. Il donne en outre accès à un portail d’applications téléchargeable sur n’importe quel appareil tournant sous le système d’exploitation de Google, l’App Shop. Entretien avec Eric Bergaglia, responsable de l’App Shop pour la France.

Eric Bergaglia

Quel est votre rôle chez Amazon ?

Je suis responsable de l’App Shop pour la France. Je m’occupe d’un côté de l’équipe responsable des acquisitions, et du côté du développement des contenus qui font sens pour nos clients. Leur but est de faire découvrir des applications et des jeux, et de travailler au développement des revenus de l’App Shop.

Combien y a-t-il d’applications sur l’App Shop d’Amazon ?

Nous avons plus de 100 000 applications sur l’App Shop en France, qui a un peu plus d’un an. Quand le store a été lancé, il comptait 4000 applications. Tous les jours, nous en ajoutons de nouvelles. Par exemple, la semaine dernière, nous avons eu FIFA 14 en même temps que le Play Store.

Comment utiliser l’App Shop pour un mobinaute lambda ?

L’App Shop est préinstallé dans les produits Kindle mais peut être utilisé sur tous les appareils Android. Si vous avez un smartphone, installez l’App Shop depuis le site d’Amazon. En trente secondes, vous pouvez installer l’APK sur le téléphone. Il suffit ensuite d’avoir un compte Amazon, puis vos accédez aux achats One Click. Tout est configuré, et c’est encore plus simple, avec les Kindle Fire.

Est-ce un frein d’être un store « alternatif » au Play Store présent sur les terminaux certifiés Google ?

Nous n’avons pas de retours d’utilisateurs sur la certification Google. Nous avons des services qui sont une proposition de valeur intéressante, avec une application payante offerte chaque jour, et un moteur de recommandations qui permet d’aller plus loin. Le service comporte une dimension éditoriale avec une équipe destinée à faire découvrir des applications.

Du côté des développeurs, l’App Shop apporte-t-il des avantages que les autres OS ne présentent pas ?

Pour les développeurs, il existe un point important : toutes les applications sont vérifiées car nous souhaitons tester leur compatibilité et leur optimisation possible, ce que ne proposent pas nos concurrents. Il leur est en outre facile de publier sur l’App Shop. Quelqu’un qui a créé une application sur Android a peu de modifications à faire. Il a accès à un cercle vertueux Amazon, avec des équipes dédiées pour des mises en avant. Les applications remontent alors dans les stores, et nous mettons en place des relations à long terme avec les développeurs.

Et en termes de monétisation ?

La monétisation dans le système Amazon fonctionne bien, voire mieux que les autres plateformes, notamment selon les études Distimo ou Flurry. En janvier 2012, sur 100 pour iOS, nous étions à 89 en monétisation pour Amazon. Aujourd’hui, pour le développement d’un jeu, la monétisation est supérieure à d’autres plateformes. Notre modèle est clair, avec 70 % des revenus destinés aux développeurs et 30 % pour nous.

Avez-vous des applications que d’autres stores n’ont pas ? Une place est-elle réservée aux développeurs indépendants ?

Le portail de développement est ouvert à tous, et son image simple et appréciée des développeurs indépendants. Nous souhaitons avoir des applications populaires mais aussi une scène alternative. Le programme « Application du jour » vise notamment à cela, puisque notre approche éditoriale comprend un aspect découverte. Notre section « Les 4 fantastiques » est également purement éditoriale, et regroupe quatre applications qu’il faut regarder. En ce moment, nous proposons aussi bien Angry Birds Star Wars II qu’une application concernant une exposition. Nous avons d’ailleurs de plus en plus de développeurs qui mettent leur application en exclusivité pour quelques semaines, ou en exclusivité tout court, sur le store, comme les Lapins Crétins d’Ubisoft. De même, les applications de la RMN (Réunion des Musées Nationaux, NDLR) sont chez nous. Nous avons vraiment une logique d’exclusivité, même si ce n’est pas forcément nous qui le leur demandons, pour pouvoir apporter une réelle valeur ajoutée aux clients.

Quelle est la proportion d’applications payantes sur l’App Shop ?

Environ 55 % des applications sont payantes. Auparavant, la tendance était au gratuit en parallèle du premium. Cela continue encore sur Amazon, mais on constate une très forte croissance de l’achat in-app. Cela confirme la valeur ajoutée de la plateforme Amazon, qui bénéficie de la facilité du paiement One Click. Les clients apprécient de pouvoir essayer les applications puis de payer s’ils en sont satisfaits. C’est une évolution générale : par exemple, FIFA 14 est freemium alors que les précédents jeux de la série étaient payants.

Crédit photo : William Beaucardet pour Amazon