C’est en grande pompe que Twitter a intégré la Bourse hier, 7 novembre à New York. “Prudence”, scandent toutefois certains analystes qui voient en cette introduction spectaculaire un enthousiasme sans commune mesure avec les réelles performances du réseau social.

Twitter

C’est l’une des plus belles entrées en Bourse de l’année pour une entreprise spécialisée dans la high-tech. La cloche qui marque le début des échanges a été sonnée par Patrick Sterwart, acteur de Star Trek et une vendeuse de limonade de 9 ans, tous deux utilisateurs du site de microblogging, pour la première séance, hier, sur le NYSE (New York Stock Exchange). L’action “TWTR” a clôturé à 44,90 dollars, en progression de 72,69 % par rapport à son prix d’introduction fixé finalement à 26 dollars la veille de l’IPO.

Ce chiffre n’est toutefois pas le plus haut atteint dans la journée. L’action a même bondi de 90 % vers 15h50 GMT, quelques minutes seulement après le début de la cotation, pour toucher les 50,09 dollars. Twitter a ainsi dépassé provisoirement le cours de Facebook, premier réseau social au niveau mondial, dont l’action a perdu 3,18 % en clôture hier, à 47,56 dollars.

Une entrée sans heurt

Aucun problème n’a visiblement entaché l’entrée en Bourse de Twitter, contrairement à Facebook, qui avait connu un flop dès les premières heures du début de sa cotation, en mai 2012. Le réseau à l’oisillon a émis un total de 70 millions d’actions sur le marché, ce qui a permis de lever 1,82 milliards de dollars. Dans le cas où une option de surallocation est élevée (elle pourrait porter sur 10,5 millions d’actions supplémentaires), le montant pourrait atteindre les 2,1 milliards de dollars. Cette option, également appelée GreenShoe, permet une régulation du cours de bourse d’une action lors de son introduction sur les marchés financiers. “L’entreprise donne à la banque introductrice l’option d’acheter une quantité de titres supérieure à ce qui était initialement prévu. Si la demande de titre est forte, la banque pourra ainsi allouer plus de titres aux investisseurs en exerçant son option. Dans le cas opposé, la banque n’exerce pas son option et achète les titres dont elle a besoin sur le marché ce qui a pour effet de maintenir les cours”, précise Les Echos. Nous sommes certes loin des 16 milliards levés par Facebook, qui détient jusqu’à maintenant le record de la plus grosse introduction à Wall Street. Toutefois, on pourrait comparer le montant levé par Twitter à celui de Google, lorsque la firme de Mountain View avait récolté 1,92 milliards de dollars en août 2004.

Tout cela est bien beau, mais gare à la bulle. Mary Jo White, présidente de la SEC, avait fait part de ses inquiétudes mercredi de cet intérêt pour le titre, qui lui paraît “démesuré”. En effet, les valeurs technologiques ont la réputation d’être des valeurs à rentabilité incertaine. Quel impact cela aura sur les investisseurs ? Une inquiétude que partagent certains analystes, qui prédisent que le titre risquait d’être très volatil sur les premiers jours de sa cotation.

Un seul mot : prudence !

Les maisons de courtage et les cabinets de recherche n’arrivent d’ailleurs pas à se mettre d’accord. Ainsi, Le cabinet Pivotal, qui estime la valeur réelle du titre à 30 dollars, conseille de vendre, alors que Topeka, une maison de courtage conseille d’acheter !

Quoi qu’il en soit, même s’il faut rester prudent vis-à-vis de cette action, l’entreprise affichait hier soir, jeudi, une valorisation boursière de 24,5 milliards de dollars. Cela reste toutefois démesuré pour une entité dont le chiffre d’affaires a atteint seulement les 422 millions de dollars et dont le résultat net s’est soldé par une perte de 134 millions de dollars sur les trois premiers trimestres de l’année en cours.

Ces recettes, engrangées lors de l’entrée en Bourse, doivent néanmoins permettre à Twitter de se développer et de mieux asseoir son projet d’être de plus en plus présent sur la publicité en ligne.