Recyclage du réseau WiMAX et possibilité de rachat de la bande UHF, Free Mobile entend bien utiliser ces fréquences pour assurer la couverture en téléphonie mobile du territoire français.

Free Mobile

Le nouvel opérateur français de téléphonie mobile est malin et n’hésite pas à recourir au système D. En effet, Free Mobile utilise actuellement la fréquence 3,5 GHz pour accélérer l’extension de son réseau. Les quelques 171 antennes WiMax d’Iliad, la maison mère de Free, opèrent comme une immense toile en France. L’idée est de pouvoir connecter des antennes sans attendre que cette dernière soit déjà fibrée. L’antenne en attente de liaison fibre pourra obtenir sa connexion auprès d’une autre antenne, elle fibrée via ses liaisons WiMax. Un procédé qui évite également à Free Mobile de câbler les antennes où il n’y a pas forcément besoin d’une forte couverture.

Pour rappel, le WiMax est une technologie de transmission de données à haut débit sur une distance géographique assez large. Iliad dispose de la seule licence nationale de couverture WiMax en France et avait notamment suscité l’intérêt de Google à ce sujet.

Autres fréquences dans le collimateur de l’opérateur, la bande des 700 MHz. La fréquence est déjà utilisée aux USA et de façon ouverte grâce à Google et ailleurs. Le gouvernement français prévoyait une mise aux enchère pour octroyer des licences exploitant ces fréquences et ainsi récupérer 1,5 milliard d’euros destiné au financement de l’armée. Toutefois, Free étant le seul opérateur français ouvertement intéressé, le gouvernement semble jouer la montre et rien n’a donc bougé.

En parallèle, une mission européenne, menée par Pascal Lamy, doit plancher sur son avenir à l’échelle de l’UE. Six mois donc, pour faire des propositions « sur la façon d’utiliser plus efficacement la bande UHF (470-790 MHz) au cours des prochaines décennies » selon le communiqué. La bataille d’influence sera rude entre télévision et mobile puisque cette bande loge en partie la Télévision Numérique Terrestre. En tout cas, Free a déjà fait savoir qu’il était hautement intéressé pour le rachat de fréquences dans cette bande.

L’enjeu des fréquences et de leur utilisation est grand pour l’entreprise de Xavier Niel car si l’on se réfère aux obligations de l’ARCEP, Free Mobile devra assurer une couverture de 25 % de l’Hexagone en 4G, sur la fréquence 2.6 GHz, avant le 11 octobre 2015 (60 % en 2019).  Il n’est donc pas surprenant que le quatrième opérateur français use de tout ses atouts pour sécuriser sa couverture.