Attention, retour vers le passé, attachez vos ceintures. Les jeunes, approchez-vous ! Les moins jeunes, asseyez-vous ! On va vous parler du 18 février 1999, lorsque Xavier Niel fondait Free. Durant les 15 années qui ont suivies, Free est devenu un Fournisseur d’Accès Internet, un opérateur mobile (via sa branche téléphonie mobile, Free Mobile) … et un sacré trublion. Retour sur le parcours d’un opérateur devenu incontournable dans le paysage français des télécommunications.

Free Mobile

Bien sûr, on vous l’a très certainement déjà raconté, mais le fondateur de Free, Xavier Niel, avait procédé à l’acquisition de Fermic Multimedia, une société de minitel rose alors rebaptisée Iliad, qui devient le nom de la maison-mère de Free. Xavier Niel participe également à la création du tout premier FAI français, Worldnet.

L’idée d’un fournisseur d’accès Internet fait alors son chemin : la société Free voit le jour le 18 février 1999. Immédiatement, on remarque ce petit FAI qui propose de l’Internet en illimité  (World Online et Freesurf) : seul le temps de connexion est décompté. Une offre inédite pour l’époque, quand France Telecom demandait entre 45 à 95 francs par mois en plus d’un décompte à la minute. C’est de là que provient le slogan de Free : “La liberté n’a pas de prix”. A la fin des années 1990, Free se faisait aussi remarquer pour être l’un des premiers à proposer des services de mails ou de stockage en ligne (50 mégas en novembre 1999). Cette démarche de fidélisation a largement contribué au succès du FAI, à l’instar de la téléphonie illimitée incluse dans les offres triple-play. Ajoutons à cela également des campagnes de promotion décalée et des slogans qui touchent au but : “Il a Free, il a tout compris” interprété par Rodolphe.

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Les dates se sont alors enchaînées pour Free :  c’est en 2002 que le FAI ouvre le haut-débit grâce à l’ADSL. Le 1er décembre 2003, Free lance son bouquet Freebox TV. Une petite révolution intervient au mois de juillet 2004, lorsque Free annonce qu’il n’y a plus besoin d’abonnement à France Télécom pour s’abonner à Internet. L’année 2004 a également vu l’introduction en bourse de Iliad, la maison mère de Free. L’entreprise devient alors le deuxième FAI français, juste derrière Orange avec, au 31 mars 2013, 22,5 % du marché haut débit et très haut débit français. On peut aussi parler de la passe d’arme entre Google et Free avec la restriction de l’accès à YouTube en représailles aux demandes de Free à Google à investir dans le réseau de communication. Le 17 décembre 2009, Free obtient le précieux sésame pour se lancer en tant qu’opérateur mobile : la licence 3G. C’est ce qui marque un moment clé pour le FAI.

 

10 janvier 2012, le tournant de la téléphonie mobile

Tout un folklore a entouré l’arrivée de la branche mobile de Free sur le marché de la téléphonie mobile en France. Il faut dire qu’à l’époque, le marché était partagé entre trois opérateurs SFR, Bouygues Telecom et Orange (anciennement France Telecom), tous soupçonnés puis condamnés pour des ententes sur les prix en 2005 par l’Autorité de la concurrence. Connaissant la réputation de Free en matière de prix, l’attente était donc grande de voir un quatrième opérateur surgir dans l’arène. Si vous ne réfléchissez pas, vous êtes des pigeons” lançait aux consommateurs Xavier Niel, le patron d’Iliad, lors de la présentation presse de Free Mobile le 10 janvier 2012. Nous avions d’ailleurs fait l’objet d’une véritable offensive de communication sur l’événement : l’image de la fusée prête à s’envoler.

Free a t-il véritablement attiré les prix vers le bas ? Incontestablement, l’opérateur a joué le rôle de catalyseur au mouvement de baisse des prix. Mais il est aussi évident que le progrès technologique (notamment dans la transmission des données) aurait amené la baisse des prix. Ce qui est sûr, c’est que Free a voulu conserver ce qui l’a rendu célèbre en tant que FAI pour le reproduire dans la téléphonie mobile : des offres low-cost et des forfaits sans engagements. Free Mobile a même initié un service de location de smartphones haut de gamme, le but étant de rendre accessible des terminaux coûteux au plus grand nombre.

Dans l’histoire de Free, tout n’est pas rose non plus. Le lancement de Free Mobile a été accompagné d’une série de cafouillages en tout genre : des cartes SIM à la traîne dans leur livraison, un réseau téléphonique poussif (avec un soupçon de bridage du trafic des freenautes sur le réseau Orange), un SAV pas au top… Bref, les débuts ont été difficiles, avec un accord d’itinérance conclu auprès d’Orange pour pouvoir tenir les objectifs imposés par l’ARCEP. Ce partenariat est toujours en cours aujourd’hui. Comment diantre un opérateur qui ne bénéficie pas de son propre réseau 3G peut-il donner de la 4G à ses clients ? Free Mobile a réussi, contre tout attente, à régulariser rapidement sa situation.

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La 4G de Free et la bataille des antennes

Il est vrai qu’avec l’arrivée de la 4G, lancée le 3 décembre 2013 chez Free Mobile, on s’est posé beaucoup de questions sur la viabilité de ce projet. D’autant plus que Free annonçait un forfait à 19,99 euros pour bénéficier de la 4G et avec 20 Go de data à la clé, soit quatre à 5 fois plus que ses concurrents. Cette guerre des prix avait alors été dénoncée par le gouvernement français, par la voix de Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement productif. L’accusation était sévère : la concurrence par des prix bas exercée par Free pousserait des employés à la porte, reprochait le ministre. Il semble toutefois que les licenciements massifs n’aient pas eu lieu selon l’Insee (l’Institut de la Statistique française).

Mais la question de la réalité de la 4G de Free s’est étendue au décompte des antennes LTE de l’opérateur. Selon les derniers chiffres, au 1er janvier 2014, Free déclarait à l’ARCEP posséder presque 1000 antennes 4G, suscitant ainsi la surprise des observateurs : Free développe bien ses propres points d’émission. Le patron de Bouygues Telecom, dans une lettre datée du 6 janvier de Olivier Roussat adressée au directeur d’Iliad Maxime Lombardini, reprochait à Free son manque de motivation à conclure des accords d’itinérance avec Bouygues, sous-entendant que Free n’arriverait pas à tenir ses objectifs de couverture 4G (25 % du territoire français en octobre 2014).

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Au premier mois après le lancement de la 4G, Free figurait derrière les autres opérateurs en terme de débit, “signe d’un lancement commercial plus rapide que prévu” notaient les analystes de 4Gmark. Toutefois, la 4G de Free semble rattraper son retard, jusqu’à dépasser la 4G de Bouygues Telecom et de SFR au 18 février 2014 en termes de débits moyens… pour ceux qui se trouvent dans une zone couverte.

Récemment, la bataille de la téléphonie restait cantonnée à la frontière française. Le miracle de Free, c’est aussi l’exportation de la concurrence sur les communications étrangères.

 

Le « free roaming », le dernier cheval de bataille de Free Mobile

C’est vraiment le dernier affrontement en date entre les opérateurs français. Bien que le Portugal ait été intégré depuis plus d’un an dans le forfait de Free Mobile, on peut dire que tout a commencé le 21 janvier dernier. Free annonce la gratuité du roaming (3G, appels et SMS) dans son forfait à 19,99 euros. La liste des pays concernés s’allonge alors, au fur et à mesure des événements : Italie, Pays-Bas, Allemagne… Certaines conditions sont à remplir, notamment sur l’ancienneté et un nombre de jours maximum d’utilisation par année. La réponse la plus immédiate à cette offensive a été celle de Bouygues Telecom avec une annonce pour la gratuité de l’itinérance dans toute l’Europe, via son forfait Sensation (dont le prix débute à 29,99 euros). L’opérateur veut également adjoindre une enveloppe de 3 Go de roaming en plus de celle prévue dans le forfait. Orange, de son côté, préfère avancer l’argument d’un free roaming pour la 4G dans plusieurs pays européens. Quant à SFR, il a préférérépondre avec un forfait spécial Europe.