Suite à la décision de Vivendi d’entrer en négociations exclusives avec Numericable, Bouygues se sent désormais bien seul. Une option de la dernière chance semble toutefois se profiler : un mariage de raison avec Free. Un rapprochement impossible ? Pas si sûr.

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L’annonce de Vivendi d’entrer en négociations exclusives avec Numericable a fait beaucoup de mal à Bouygues Telecom. Celui-ci se retrouve désormais bien seul avec une troisième position dont il semble difficile de sortir. D’un côté, Orange va conserver sa place de leader sans être inquiété par une énorme entité Bouygues-SFR, de l’autre le futur SFR-Numéricable va bénéficier des investissements d’Altice, prête à tout pour se faire une place au soleil sur le marché des opérateurs. Et puis il y a Free. Le « petit » dernier, mal aimé de tous, qui paraît tout d’un coup beaucoup moins infréquentable que par le passé. Surtout lorsqu’un accord avait été trouvé entre Bouygues et Free pour que le premier puisse revendre ses antennes au second pour 1,8 milliard d’euros. Xavier Niel parlait alors “d’un coup de foudre récent”. De nombreux mariages ont commencé de pire façon…

A en croire aujourd’hui la direction de Bouygues, un rapprochement avec Free n’est absolument pas à l’ordre du jour. « Se rapprocher de Free ? On n’en est pas là », rapporte La Tribune de la bouche de Bouygues. Il faut dire que les dirigeants respectifs des deux sociétés se haïssent cordialement, les nombreux échanges au vitriol de ces dernières années sont là pour en attester. Mais Free et Bouygues sont bien les deux plus gros perdant de la récente décision de négociation entre SFR et Numericable.

 

Le mariage des perdants ?

Bouygues voit toutes ses chances de devenir numéro 1 sur le marché des opérateurs s’envoler. Une place qui importe beaucoup pour Martin Bouygues, qui a toujours désiré monter sur la première place du podium et espéré tirer quelques juteux profits d’une potentielle revente. Cette première place n’est toutefois pas seulement psychologique, une fusion entre Bouygues et SFR aurait permis à Bouygues de faire beaucoup d’économies : mise en commun des réseaux mobiles, des boutiques physiques, des services en ligne et des différents achats. Sans parler des économies de personnel, sujet sensible lors de la campagne de communication avant le rachat de SFR, mais qui aurait forcément été débattu en cas de fusion. Bref, toutes ces économies auraient permis à Bouygues de relever un peu ses marges et surtout d’espérer pouvoir revendre un énorme Bouygues Telecom en pleine croissance et en position de leader.

Free Mobile de son côté ne gagne rien de cette future vente. Bouygues va garder ses 15 000 antennes et Free se voit obligé de construire son réseau par lui-même et d’oublier les fréquences 4G qu’il aurait pu obtenir de cette revente. La société de Xavier Niel va donc continuer à verser 600 millions d’euros par an à Orange pour utiliser le réseau de son concurrent. Mais Free se montre optimiste. Dans une note interne à la société, retranscrite par le Huffington Post, Cyril Poidatz, président du conseil d’administration d’Iliad indique : « Nul doute que d’autres opportunités se présenteront dans les prochains mois pour Iliad ». Il faut comprendre par là que Free ne désespère pas de trouver un réseau à acheter dans les prochains mois ou années.

Alors, les deux perdants de cette opération vont-ils se rapprocher pour devenir plus forts ? La question aurait été posée il y a six mois, la réponse aurait été un non catégorique. Aujourd’hui, il est difficile de jurer que cela ne se fera jamais. De fait, Bouygues Telecom et Free Mobile possèderaient chacun beaucoup d’avantages à se rapprocher. Et après cette affaire de revente d’antennes, Free et Bouygues ne se détestent plus. C’est comme ça que naissent les histoires d’amour, n’est-ce-pas ?