Les Pays-Bas viennent d’autoriser, par décret, la vente de cartes SIM qui ne seraient liées à aucun opérateur. Il suffirait ensuite de réaliser une modification logicielle pour associer la carte SIM à un réseau et de pouvoir le modifier pendant toute la durée de vie de l’appareil qui contiendrait cette carte SIM.

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En 2010, Apple et Gemalto avaient travaillé ensemble à la création d’une carte SIM qui prenait la forme d’une puce soudée directement sur la carte mère des appareils. Une ROM aurait été présente pour la partie réseau et sécurité ainsi qu’un espace de stockage sur lequel seraient venues s’inscrire les données des opérateurs via un ordinateur ou un appareil dédié. Face à un tel projet, les opérateurs du monde entier avaient levé leur bouclier en menaçant de stopper les subventions et les deux entreprises avaient donc laissé de côté ce projet. Mais les Pays-Bas viennent de légaliser la vente d’une carte SIM vierge, indépendante des opérateurs et qui pourrait être configurée pour fonctionner sur n’importe quel réseau.

 

Quel intérêt pour le consommateur ?

Cette innovation permettrait aux constructeurs de smartphones et de tablettes d’intégrer directement la « carte » SIM sur la carte mère et d’économiser la place occupée par le slot de la carte SIM traditionnelle. L’utilisateur choisirait ensuite son opérateur et la SIM serait configurée pour fonctionner avec le réseau de ce dernier.

Mais des usages plus intéressantes seraient également possibles. Les constructeurs de voiture, par exemple, pourraient intégrer la SIM directement dans le véhicule. Le conducteur paierait dans ce cas un abonnement au constructeur de la voiture, et les services permis par la carte SIM (maintenance, sécurité, infotainment, etc.) fonctionneraient, lors d’un voyage, dans tous les pays, le constructeur se chargeant de négocier des abonnements avec les opérateurs du monde entier.

 

La crainte des opérateurs et des fabricants de carte SIM

C’est bien ce dernier point qui fait craindre les opérateurs de l’arrivée d’un tel système. En effet, ils ne seraient plus en lien direct avec les usagers. Le constructeur des appareils ferait le lien entre les utilisateurs et les opérateurs, reléguant ces derniers à des fournisseurs de tuyaux. Mais les constructeurs de carte SIM voient également d’un mauvais œil l’arrivée d’un tel système. Ces derniers ne fabriqueraient alors plus les cartes SIM mais pourraient fournir des services d’activation et de gestion à distance des différents terminaux. Les opérateurs ont d’ailleurs créé en 2010 un groupe de travail pour réflechir sur l’avenir de la carte SIM intégrée dans un environnement M2M (machine to machine).

 

Un standard de carte SIM intégrée pour les professionnels

Ce groupe de travail a annoncé en décembre 2013 un standard de carte SIM intégrée et indépendante des opérateurs mais réservée aux utilisation dans un cadre M2M, comme par exemple dans une voiture ou un réfrigérateur, mais en aucun cas pour les smartphones ou tablettes. Dans ce cas, le constructeur de la voiture passe la commande à un fabricant de carte SIM pour les installer dans les voitures. Le constructeur négocie avec un opérateur et ce dernier active à distance la carte SIM. Le constructeur peut changer d’opérateur pendant la durée de vie de la voiture, par exemple si une flotte de véhicules change de pays. En revanche, changer d’opérateur à la volée pour éviter les frais de roaming ne semble pas encore prévu.

Ce nouveau standard de carte SIM, intéressant pour les opérateurs, est soutenu par ces derniers, contrairement à l’idée de départ d’Apple et Gemalto qui faisait planer une menace sur leur écosystème. Une vidéo de présentation a été réalisé par la GSMA pour expliquer le fonctionnement de cette nouvelle carte SIM à destination des professionnels.