On le sait, ce n’est pas très classe de pousser BlackBerry, marque moribonde, dans les escaliers. Pourtant, c’est bien ce que vient de faire son patron, John Chen en déclarant que l’entreprise envisageait d’abandonner la filière téléphonie, si les résultats restent dans le rouge.

Blackberry RIP« Si je ne peux pas gagner d’argent sur les téléphones mobiles, je quitterai le business de la téléphonie« . Ces propos, tranchants, ont été rapportés par l’agence Reuters. Ils ont été prononcés par John Chen, le patron de BlackBerry au cours d’une interview. Le destin du fabricant de téléphone tiendrait-il à ses tout prochains résultats ? C’est bien possible.

Difficile de croire qu’il y a encore 15 ans, BlackBerry était un riant fabricant de smartphones, détenant en 2007 plus de 10 millions de clients. En 2011, la marque avait même vendu 52,3 millions de terminaux dans le monde. Malgré le design des terminaux orienté vers le monde des affaires grâce à leur clavier physique, BlackBerry n’a pas réussi à enrayer sa chute face aux smartphones tactiles, en se faisant dépasser par Android, Apple et Microsoft. BlackBerry ne faisait même plus partie du top 5 des plus gros vendeurs de smartphones à la fin de l’année 2013. Le Z10, un BlackBerry incorporant un clavier tactile et l’OS BlackBerry 10, devait tenter de sauver la marque, en vain. La marque a même échappé de peu à la vente par son groupe. Dans les derniers rebondissements, la firme affirme revenir à ses premiers succès de jeunesse, persistant à proposer de prochains terminaux avec des claviers physiques, centrant ainsi ses activités sur le monde des affaires. Dernier revers en date pour la firme, la perte de marchés importants comme celui des terminaux de la Maison Blanche ou de l’armée américaine.

Dans cet amas de mauvaise nouvelle, les téléphones BlackBerry risquent donc de disparaître définitivement. Pourtant, la firme a des atouts : son service de messagerie BBM cartonne véritablement sur les terminaux Android, caracolant avec les applications les plus populaires du moment, comme WhatsApp. Le pire est que BlackBerry pourrait bien recentrer son activité software, en ne proposant plus que des services sécurisés et des applications de messagerie, lâchant ainsi définitivement la fabrication de smartphones.