Si la bataille de Twitter pour la liberté d’expression est Turquie a été gagnée, il faut croire que les utilisateurs n’ont pas encore gagné la guerre. Après un blocage de Twitter le 21 mars dernier, la justice d’Ankara a ordonnée la remise en service de l’oiseau bleu, et celle de YouTube (censuré depuis le 27 mars), était attendue dans la foulée. Seulement, après le déblocage de Twitter, celui de YouTube n’arrive pas, et le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan n’a pas décidé de lever l’interdiction.

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Pour en revenir très brièvement sur les sources du conflit, le premier ministre accuse les réseaux sociaux de permettre l’échange de messages / informations fausses concernant son implication dans une affaire de corruption.

C’est l’autorité turque des technologies de l’information et de la communication (BTK) qui annonce par l’intermédiaire de son site que :

La mesure bloquant l’accès au site Internet YouTube.com reste en vigueur car certains contenus continuent à y être diffusés.

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Ces « contenus » seraient en fait une vidéo où l’on entend une réunion confidentielle entre quatre Turcs évoquant d’une éventuelle intervention militaire de la Turquie en Syrie. Une des voix pourrait être celle du ministre des affaires étrangères qui imaginerait envoyer une petite dizaine d’hommes en Syrie afin de lancer des missiles sur un terrain vague du territoire turc pour justifier une réponse militaire du pays. Un enregistrement pirate datant de la fin mars.

En attendant, le premier ministre refuse de lever l’interdiction de YouTube en Turquie tant que les informations seront diffusées sur la plateforme de Google. La Cour constitutionnelle devrait statuer sur le dossier, alors qu’Ankara a déjà confirmé, en première instance et en appel, la levée de l’interdiction pesant sur YouTube.