Dans les événements presse auxquels nous sommes conviés chez FrAndroid, nous avons des propositions qui sortent un peu du champ d’action d’Android. C’est le cas d’une proposition de Bouygues Telecom pour profiter de la deuxième demi-finale de la coupe du monde en 3D. L’objectif est de promouvoir l’arrivée du service dans leur offre Internet, TV, Téléphonie (fixe et mobile). A priori, j’étais le seul de l’équipe à être sur Paris et à apprécier le football. Je m’y suis donc rendu seul.


Sur place, j’ai rencontré le rédacteur de SOSAndroid et d’un blog foot en plus du personnel presse de Bouygues Telecom. (Message à ce dernier blogueur qui peut me rappeler le nom de son site pour que je le rajoute dans l’article 😉 ).

La 3D, on en entend parler depuis quelques temps. Arrivée tout d’abord par le cinéma (ndlr : enfin … réarrivée …), elle s’est très vite vue proposée pour le grand public par des installations à domicile complètes mais fort couteuses. Pour ma part, je n’avais, jusqu’à cette semaine, découvert la 3D que par le cinéma. J’avais vu des films comme Alice au Pays des Merveilles, Avatar ou Là-haut. Mon sentiment était que l’apport est très intéressant dans Avatar (un peu dans Là-haut) pour profiter de la profondeur des grands espaces. J’ai été bluffé par le réalisme que prend une image de synthèse d’un paysage quand on peut ressentir le relief et la profondeur. Par contre, je ne comprends toujours pas l’intérêt d’un film dont le champ de caméra ne dépasse pas les 50 mètres comme Alice au pays des Merveilles. De plus, je trouve que les scènes d’actions deviennent désagréables en 3D si elles sont réalisées selon des habitudes de 2D. Par contre, j’avais entendu parler d’un intérêt particulier pour les événements sportifs, la curiosité était donc là.

Et effectivement, j’ai été servi dans l’intérêt qu’apporte la 3D à un match à la télé. Tout d’abord, la réalisation est prévue pour cette technologie. Les angles de caméra sont complètement différents, c’est une des premières réussites selon moi. Exit la caméra (même si je l’aime bien), qui surplombe à la verticale le terrain, exit la prise de vue depuis la loge presse en hauteur de tribune, enfin, exit la caméra dans les buts. Par contre, on découvre des points de vue à moins de 5 mètres de la ligne de touches ou des cages, des prises de vues dans le premier tiers des tribunes et des angles en contre plongée (montants) et non plus plongeants. Je pense que c’est cette réalisation qui rend la technologie intéressante.

Alors qu’est ce qu’on y gagne ? La première notion est celle des dimensions. Nous avons tous été surpris par les différences de gabarit entre les espagnols (plutôt petit) et les allemands. Mais aussi pour les passes, dont on sait même en plein vol exactement où elles vont tomber. Il n’y a plus de mauvais effet d’optique. Donc un tir non cadré se voit pendant la trajectoire, une passe dans la diagonale trop longue ou trop courte apparait dès le « décollage ». C’est vraiment impressionnant. On entend beaucoup moins de phrases du style « quel joueur au pied carré », « avec ce qu’il est payé il ne devrait pas rater sa passe ». Car on apprécie infiniment mieux la difficulté technique que demande la maitrise du ballon. J’ai vraiment trouvé que l’expérience sportive est décuplée.

Au niveau des détails, pleins de choses apparaissent. Tout d’abord, on peut apprécier la dimension du stade. Le Stadium de Toulouse m’apparait bien petit maintenant… Les supporters paraissent plus vivants. Les angles de vue font apparaitre des détails comme les bouteilles d’eau au bord du terrain. Donc vraiment une expérience de spectateur améliorée, et il n’y plus que l’ambiance du stade qui donne un intérêt à la présence dans le stade.

Au niveau des défauts, j’ai noté plusieurs points. Tout d’abord la HD perd en qualité à l’heure actuelle. On avait une image dite HD, mais l’écran 2D pas loin proposait une image un peu plus nette. Les textes apparaissent aussi un peu moins agréables à lire. Il n’y avait que le score, il n’en fallait pas plus. Les lunettes sont confortables, mais à la fin du match la batterie commençait à faiblir et la désynchronisation des lunettes avec l’écran est gênante. On peut noter aussi que ces lunettes filtrent un peu la luminosité. On doit donc souvent les enlever/remettre quand on veut s’adresser aux voisins. Pour finir, en termes d’expérience, il y a un faible mal à la tête en fin de match qui met 15 minutes à disparaitre. Les prolongations auraient peut être été désagréables. Heureusement, l’Espagne avait gagné à la fin du temps règlementaire 😉

Hors de l’expérience, le plus gros défaut reste l’investissement financier. En effet, ce ne sont que des téléviseurs très haut de gamme qui permettent ce genre de technologies. De plus, il faut un forfait internet car la TNT 3D n’est pas encore disponible. La technologie n’en est pas encore à se phase de démocratisation.

Pour un premier contact grand public avec la 3D j’ai vraiment été séduit. Et ça m’a donné envie de profiter prochainement d’un autre match en 3D.

J’ai aussi profité de l’occasion pour discuter avec des responsables de l’opérateur sur les usages mobiles de la 3D et de la télévision numérique. J’ai donc appris que la 3D pour les écrans de Smartphones n’est pas envisagée. Des expérimentations en Chine, notamment, n’apporte pas une plus value intéressante sur ces tailles d’écrans. Par contre, la 3D pour des usages comme les jeux vidéos ou la réalité augmentée, avec ou sans lunettes, est très sérieusement envisagée. Au niveau de la télévision numérique mobile, il faut savoir que les 3 opérateurs investissent beaucoup. C’est une fonctionnalité qui est très appréciée mais qui pour l’instant possède un coût en infrastructures réseaux qui ne leur permet pas d’atteindre la qualité de service qu’ils espéreraient. On peut donc s’attendre à ce que ces offres s’améliorent.

Voila pour une soirée techno-footo-phile très intéressante.