Après plusieurs mois de « bêta » sous le nom d’Android M, Android 6.0 Marshmallow est enfin arrivé sur les Nexus au début du mois. Google promet de nouvelles optimisations qui devraient lisser les performances et offrir une autonomie bien supérieure, mais qu’en est-il vraiment ? Nous avons effectué nos propres tests pour savoir ce qu’il en est concrètement.


android-marshmallow

Comme chaque automne, Google commence à déployer la nouvelle version de son système d’exploitation mobile. Va désormais commencer l’habituel ballet des promesses de constructeurs, des reports et des retards de la part des opérateurs qui vous feront espérer un jour recevoir cette mise à jour avant l’arrivée de la version N. Pour les chanceux qui ont tout de même la possibilité de mettre à niveau leur terminal vers Android 6.0 Marshmallow, Google promet tout un lot de nouveautés et de changements merveilleux, que ce soit le retour de la gestion détaillée du son, l’arrivée de Now on Tap ou encore la prise en charge des capteurs d’empreintes digitales dans le système.

A lire : Android 6.0 Marshmallow : les principales nouveautés

Et comme chaque mise à jour, elle apporte également, selon son créateur, une amélioration des performances et une autonomie accrue. Nous avons souhaité juger de cela par nous-mêmes et avons effectué pour cela une série de tests sur une Nexus 9 sous Lollipop (la dernière version 5.1.1 en date) avant de recommencer dans les mêmes conditions et avec la même tablette sous Marshmallow. Verdict !

Performances

Difficile de juger à l’œil du gain de fluidité d’un appareil déjà très bon dans ce domaine sans souffrir d’un certain effet placebo. Nous nous en sommes donc remis aux benchmarks pour chiffrer une possible optimisation du système afin de savoir si notre tablette gagne en performances en passant de Lollipop à Marshmallow. Les chiffres indiqués sont des moyennes calculées à partir de plusieurs essais lancés à la suite afin de prendre en compte une possible limitation de performances en cas de chauffe.

 Nexus 9 sous LollipopNexus 9 sous Marshmallow
AnTuTu56 00058 944
PC Mark5 4956 190
3D Mark26 90026 974
GFXBench Manhattan (offscreen / onscreen)22 / 31 FPS21 / 29 FPS
GFXBench T-Rex (offscreen / onscreen)46 / 59 FPS39 / 50 FPS

Dans l’ensemble, les scores entre les versions Marshmallow et Lollipop sont très serrés et la différence peut être considérée comme négligeable, notamment lorsque le plein potentiel de la tablette est réclamé. Sur PC Mark en revanche, le gain approche les 13 %, ce qui commence à se montrer intéressant, d’autant que c’est le test qui se rapproche le plus d’une utilisation quotidienne (navigation web, lancement d’applications légères comme les réseaux sociaux, réglages photo, etc.).

Nous pouvons en déduire que le processeur est ainsi mieux géré par Marshmallow. Le résultat obtenu sur le test T-Rex de GFXBench est cependant très étrange, avec une baisse conséquente du nombre d’images par seconde affichées à l’écran. La seule explication valable à cette différence marquante est une mauvaise gestion de Marshmallow par ce test. Il faudra néanmoins attendre une mise à jour de l’application pour avoir confirmation de cela. Dans le doute, nous avons contacté l’équipe de GFXBench, sans réponse de leur part pour le moment.

Autonomie

Pour l’autonomie, nous avons effectué plusieurs tests, sous forme de benchmarks ou d’utilisation quotidienne. Pour cela, nous avons tenté d’utiliser le test d’autonomie de PCMark. Malheureusement, celui-ci s’est montré incapable d’aller jusqu’au bout de la procédure sous Lollipop, et ce malgré nos multiples tentatives. Battery Benchmark en revanche nous a fourni des données utilisables.

Battery Benchmark propose de simuler une utilisation de l’appareil selon un cycle bien défini se répétant en boucle. Pour de plus amples informations à ce sujet, le protocole exact est disponible sur le site du développeur. À ce petit jeu, les deux versions ont obtenu un résultat relativement similaire, avec un score de 73 541 secondes pour Lollipop, soit 20,43 heures, et 70 729 secondes pour Marshmallow, soit 19,65 heures. Une nouvelle fois, l’écart est assez léger pour être négligé.

Enfin, nous avons effectué notre test habituel d’autonomie consistant à regarder une vidéo de une heure sur YouTube en WiFi dans les mêmes conditions. Une nouvelle fois, Lollipop s’est montré tout aussi performant que Marshmallow, si ce n’est plus. Alors que la mouture de 2014 termine son cycle avec une perte de 10 à 11 % de batterie, la dernière version en date fond de 14 % en moyenne. Cela laisse penser que Marshmallow est légèrement plus gourmand que son aîné, en faisant par exemple davantage appel au CPU, même pour des tâches relativement simple. Ceci expliquerait entre autres les bonnes performances de la tablette sur PCMark.

Mais la véritable nouveauté sur laquelle Google mise le plus, c’est le mode « Doze », qui permet d’économiser grandement la batterie de son téléphone lorsque celui-ci est inactif et immobile. Une heure après l’extinction de l’écran, l’appareil passe en mode « Doze », ce qui le plonge dans un sommeil plus profond, durant lequel l’accès au réseau des applications est restreint. De même, les services nécessitant une forte charge du processeur sont également limités. Plus le terminal reste alors ainsi en veille, plus le gain d’autonomie se fera ressentir. Le terminal sort néanmoins de son état végétatif à intervalles réguliers afin de permettre aux applications de se synchroniser.

doze

Pour tester cette fonction, nous avons laissé notre Nexus 9 inactive sur une durée de 10 heures. Le résultat a été cette fois-ci très probant, avec une perte moyenne de 23 % sous Lollipop, et de seulement 6 % sous Marshmallow.

Google a également intégré un système baptisé « App Standby », réduisant l’accès au réseau et aux capacités du CPU aux applications peu utilisées. Cela reste néanmoins un gain marginal dans le sens où les applications les plus gourmandes sont aussi bien souvent celles que nous utilisons le plus souvent (comme les réseaux sociaux), et qui ne profiteront donc pas de cette mise en pause. Par ailleurs, les utilisateurs avertis auront déjà identifié et désinstallé les applications plus gourmandes que la normale lorsqu’elles ne sont pas utilisées. Aussi, le gain d’énergie devrait être à la fois minime, et réservé au grand public ne se préoccupant pas de ses problèmes d’autonomie.

Conclusion

Si vous espériez donner une seconde jeunesse à un terminal vieillissant en passant à Marshmallow, vous risquez d’être quelque peu déçus. En termes de performances, le système réagit peu ou prou de la même manière, qu’il soit sous Android 5.1.1 ou Android 6.0. Certains pourront éventuellement noter une légère amélioration de la fluidité sur des utilisations basiques comme la navigation web, sans que la puissance globale à son maximum s’en ressente réellement.

Niveau autonomie en revanche, Google a particulièrement soigné sa copie en améliorant nettement l’autonomie en veille des terminaux. Ces résultats impressionnants doivent néanmoins être relativisés, car s’il est intéressant pour une tablette de ne pas se vider trop rapidement en veille, il est plutôt rare qu’un téléphone reste totalement inactif, débranché et immobile beaucoup plus d’une heure, du moins en journée. Une simple action comme allumer l’écran pour regarder l’heure ou déplacer le téléphone devient indirectement un gouffre à autonomie, obligeant à attendre à nouveau une heure sans toucher le téléphone avant que ce mode d’économie d’énergie s’active.

Autant dire que gagner quelques minutes d’autonomie sur une journée grâce au mode Doze relève de l’exploit, et que le principal intérêt reste de ne pas vider sa batterie durant la nuit, ce qui peut en partie déjà s’obtenir en activant manuellement le mode avion.