Bonjour, aujourd’hui, nous sommes heureux d’accueillir, les développeurs d’une des applications soumises à l’Android Developper challenge, Spoxt.


Bonjour, on va commencer par une petite présentation. Pouvez-vous vous présenter tous les quatre en quelques mots ?

Bonjour !
Nous sommes une équipe très hétérogène de collègues et d’amis aux vies et centres d’intérêts extrêmement éclectiques qui se sont retrouvés sur leur passion commune de l’informatique. Android a inspiré Spoxt à l’un d’entre nous qui s’est empressé d’enthousiasmer le reste de cette petite équipe dont la moyenne d’âge glisse vers 30 ans. La suite de l’histoire est composée de sessions de programmation sur notre temps libre qui nous ont éloigné du soleil des plages.

Et Dieu sait qu’il a fait beau ces temps-çi ! Quels sont vos parcours personnels ?

Notre chef de projet et matière grise en titre est un nerd qui a fait ses armes sur de l’assembleur il y a une décennie. Il a entre temps cumulé des expertises dans les domaines du Web et surtout, de la téléphonie mobile.

Le principal programmeur du client Android est un ingénieur féru de Java, ce qui en fait l’ami intime de notre cher Dalvik.

Notre designer ? Il a son entreprise de services en ligne. Il est à la fois le créatif et le commercial de l’équipe, riche de son expérience Web.

Quand à moi je suis le junior et l’agitateur du groupe, il en faut toujours un…

C’est effectivement une équipe éclectique. Vous avez participé à l’Android Developper Challenge. Pouvez-vous nous présenter le projet que vous avez soumis ?

Notre participation au challenge s’appelle Spoxt, un service qui permet de créer des messages géolocalisés, appelés simplement « spoxts », qui vont se diffuser dans une petite zone et pendant un temps limité. Si un spoxt apparaît dans la zone d’écoute de quelqu’un intéressé par le thème du message, cette personne est notifiée en temps réel, comme quand on reçoit un SMS.

Mais que sont exactement ces « spoxts » ?

C’est un peu le radar de l’activité locale.

Un spoxt peut être agrémenté d’une photo, d’une vidéo, mais surtout enrichie d’une appréciation « hot or cold » par les autres utilisateurs. Plus un spoxt est considéré « hot », plus il va rester longtemps et sa zone s’étendre. Une information locale peut alors prendre des proportions régionales, puis nationales si les utilisateurs continuent de lui porter de l’intérêt.

Et ça ne s’arrête pas là, car les spoxts peuvent s’envoyer en dehors du réseau géolocalisé Spoxt : réseaux sociaux, sms, email, blog…

C’est un mélange de beaucoup de concepts ! Comment cela fonctionne-t-il ?

Nous avons complètement estompé la complexité interne du service en proposant une interface simple et intuitive qui permet de profiter de tous ces concepts facilement et rapidement.

Les seules questions à se poser, c’est quoi et à qui « spoxter ». Le plus simple est de donner quelques exemples :

      Vous êtes tombés sur un concert de rue phénoménal. Vous enregistrez une petite vidéo puis, quelques secondes et un spoxt plus tard, votre quartier en prend connaissance. Les gens curieux viennent découvrir l’événement, et le déclarent « hot ». Du coup, la zone du spoxt grandit et des personnes plus éloignées reçoivent la notification. Un effet boule de neige à la Woodstock, avec un petit coup de pouce numérique !
      Vous avez invité des amis et votre apéritif se transforme en fête improvisée. Il est temps d’amener plus de monde : spoxtez une photos à vos contacts de téléphone et laissez une trace de la soirée mémorable sur votre blog, en un seul geste.

      Vous voulez vendre votre vélo ? Avant de passer par eBay au risque de devoir faire un recommandé de 12 kilos vers l’Allemagne, proposez le à ceux qui sont à 5 minutes de chez vous !

      Vous avez perdu votre chat ? Vous cherchez quelqu’un pour tondre la pelouse ? Vous avez surpris Jean Dujardin en train de faire ses courses à la supérette du coin ? Toutes ces informations font partie de la richesse de votre monde local, et elles peuvent enfin avoir l’attention qu’elles méritent.

Le téléphone s’est développé dans la perspective de pouvoir communiquer plus loin plus facilement. Est-ce qu’on ne peut pas dire que finalement vous faites le pari inverse, celui de la proximité ?

La proximité géographique a perdu de sa valeur avec la globalisation et la démocratisation des moyens de communication. Nous perdons le contact avec notre environnement proche. C’est pour cela que nous parions sur lui, ce fameux « monde local » dont la richesse est laissée en friche du fait de l’effervescence des autres réseaux. En effet, il y a énormément à en tirer, c’est un monde plus personnel, plus réel et humain, donc plus proche de soi. Avec Spoxt, nous avons pour objectif de développer grâce à la technologie l’excitation du quotidien avec notre réalité.

C’est vraiment un concept qui me plait et dont j’aurai aimé être à l’origine. Comment vous est venu l’idée ? Qu’est-ce qui vous inspire?

Tout part du besoin de ressentir les chose vivre autour de soi. Dans ce domaine, la CiBi pour son côté communication locale, les agrégateurs RSS pour le suivi continu du fil de l’information puis Twitter pour son côté versatile et push de message, et enfin Android avec ses Api Gmap et GPS, nous ont inspiré.

Etes-vous associés sous une forme juridique (asso. 1901, SARL, …), est-ce en projet ou pas du tout ?

Nous avons pour projet de créer une SARL car c’est la solution la plus évidente pour permettre à Spoxt de s’épanouir.

Et concernant Android, qu’est-ce que cette plate-forme représente pour vous ?

Une opportunité et un nouveau challenge. Sun n’a pas tenu sa promesse « Write once, run everywhere » sur mobile. Google en revanche arrive au moment où le marché est en ébullition, rassure par son image de géant, sa marque de fabrique « innovation-qualité-simplicité » et décore le tout avec la syntaxe Java, probablement le langage le plus utilisé actuellement. Android est ouvert, polyvalent et… motivant !

Pour un certain nombre d’entreprises, bien qu’Android ne soit pas encore sorti, cette plate-forme est déjà une réalité. Une réalité économique qui se concrétise sous la forme d’investissement essentiellement en moyens humains (recrutement, étude technique et stratégique, formations, …). Et pour vous ? Réalité, plate-forme parmi d’autres, effet d’annonce … ?

Un peu des trois, ce sont les règles du jeux du business IT. Dans notre métier pour gagner il faut travailler aujourd’hui sur ce qui n’existera que demain. C’est ça, notre « réalité ». « Plate-forme parmi d’autres » parce que l’introduction d’un concurrent aussi agressif va stimuler les autres acteurs, on peut donc s’attendre à énormément de mouvement dans les prochaines années. Il serait donc fou, même si nous avons commencer sur Android, de ne pas se développer sur d’autres OS. Quand à l’effet d’annonce, c’est le côté commercial qui veut ça non ?

Oui probablement … Justement, qu’attendez-vous de Google et de l’Open Handset Alliance ?

Globalement nous espérons que l’arrivée de Google soit un coup de pied dans la fourmilière, et vu le bruit qu’a fait le concours et la réaction des concurrents, c’est en bonne voie. Venant de l’acteur lui-même, nous attendons surtout à ce qu’il use de son image pour concrétiser un maximum de partenariats, de sorte qu’Android passe du concept novateur au modèle technologique et économique durable. Bien entendu, fignoler l’API et la doc ne sera pas de trop, mais on leur fait plutôt confiance sur ce point. En ce qui concerne l’OHA, nous le voyons comme un garde-fou qui doit canaliser l’effort d’innovation dans la bonne direction et pousser au développement des standards. Ce serait déjà plus qu’il n’aura jamais été fait depuis l’avènement du Web.

Comme à l’accoutumée, le mot de la fin vous est réservé :

ADC fut une expérience riche, nous avons vu naître des projets prometteurs et pouvons rajouter une expertise de plus à notre tableau de chasse. Mais l’aventure est loin de s’arrêter avec le concours et nous allons vous surprendre dans un futur proche. Suivez Spoxt de près sur www.spoxt.com, le bébé vient à peine de faire ses premiers pas.