Après le scandale qui frappe depuis hier Yahoo! pour avoir accepté de fouiller dans les mails de ses utilisateurs pour le compte des services de renseignements, plusieurs entreprises tech se sont dépêchées de rassurer leurs clients en affirmant que de telles pratiques n’avaient pas lieu chez elles

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À l’heure où de plus en plus de personnes s’inquiètent de la protection de leurs informations personnelles sur Internet, le scandale de Yahoo! révélé hier par Reuters fait l’effet d’une bombe. En effet, d’après plusieurs sources, l’entreprise aurait accepté de fouiller dans les mails de tous ses utilisateurs à la demande des services de renseignements américains. Dans cette optique, la firme aurait donc construit un programme automatique chargé de scanner tous les courriels reçus par l’ensemble des boites de réception Yahoo!.

 

Une ordonnance secrète

Cette information a notamment été confirmée par deux représentants anonymes du gouvernement des États-Unis cités par The New York Times. D’après ces derniers, Yahoo! s’est plié à une ordonnance secrète émise l’année dernière par un juge du la Cour de surveillance du renseignement étranger des États-Unis. L’objet de celle-ci était d’apporter des modifications au système de Yahoo! permettant de détecter la pédopornographie et le spam pour pouvoir repérer une « signature » électronique liée aux communications d’une organisation terroriste soutenue par un État.

Un comportement inadmissible pour un bon nombre de personnes dont, forcément, Edward Snowden qui appelle tous les utilisateurs à supprimer leurs comptes Yahoo!. Pour éviter une telle catastrophe et rassurer leurs propres utilisateurs, les grandes compagnies tech se sont empressées d’affirmer qu’elles ne s’étaient pas adonnées aux mêmes dérives sécuritaires.

 

Apple et Twitter en opposition

« Nous n’avons jamais reçu une requête de ce genre. Si nous en recevions une, nous nous y opposerions au tribunal », a ainsi affirmé un porte-parole d’Apple à Buzzfeed News. Pour rappel, la marque à la pomme s’était démarquée en début d’année pour avoir refusé d’aider le FBI à accéder à un iPhone dans le cadre d’une enquête de lutte contre le terrorisme. Même son de cloche – presque au mot près – du côté de Twitter. Le réseau social serait d’ailleurs en train de poursuivre le Département de la Justice pour obtenir le droit de divulguer des informations concernant les requêtes du gouvernement.

« Hors de question ! » pour Google

Sur Vocativ, Facebook affirme aussi ne jamais avoir été approché pour une telle demande et que, si cela devait arriver, « nous nous battrons ». « Hors de question » de s’y plier affirme Google à Business Insider. Pareil pour Microsoft : « Nous n’avons jamais essayé de scanner secrètement les emails comme cela a été dit à propos de Yahoo! », explique la firme de Redmond. On note néanmoins une certaine nuance dans ses propos par rapport à ses concurrents. En effet, Microsoft ne dit pas qu’il n’a pas été approché. On peut donc supposer que l’entreprise a reçu une demande des autorités sans l’accepter.

 

L’hypocrisie des entreprises ?

Il est important de rappeler que ces entreprises collaborent avec les services de renseignement américains dans le cadre du programme de surveillance PRISM. Néanmoins, ce qui dérange dans le cas de Yahoo!, c’est l’aspect beaucoup trop large de la requête ainsi que le fait que l’entreprise a crée un programme spécialement conçu pour fouiller dans tous les emails reçus par les utilisateurs.