La commission sur la taxe sur la copie privée vient de revoir ses barèmes et y intègre les tablettes tactiles.

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A la mi-décembre, nous apprenions l’éligibilité des tablettes tactiles à la taxe sur la copie privée. Celle-ci a rapporté plus de 189 millions d’euros en 2009 mais ne semble pas être suffisante, puisqu’une revalorisation vient d’intervenir. Pour chaque achat depuis 1985 d’un CD, DVD, baladeur, disque dur externe, multimédia ou smartphone, le client doit s’acquitter d’une somme variable. Les sommes reviennent à 75% aux ayants droits et 25% participent à la « vitalité artistique du pays en finançant des manifestations culturelles ». Grâce à elle, nous ne menaçons plus la culture, permettant à notre richesse de s’accroître et de financer de très bons artistes. Cette taxe est vaste : musique, cinéma, théâtre, danse, télévision, radio, photographie, cirque et littérature. Un site internet a même été dédié à cette cause et une vidéo nous présente les bienfaits d’une telle taxe (avec le slogan « Merci la copie privée ») !

Cette taxe permet ainsi aux méchants consommateurs de payer pour les contenus légaux qui sont transférés vers d’autres supports que celui d’origine. A la grande stupéfaction de ces sages ayant-droits, ils n’avaient pas prévu l’essor des tablettes et viennent par conséquent de les ajouter. Les utilisateurs sont certainement trop peu intelligents pour utiliser des services de streaming légaux (comme Spotify ou Deezer), il était nécessaire de les faire payer. Hier a eu lieu le deuxième vote, mais était déjà considéré comme acquis. En détails, voici les nouveaux tarifs (document Clubic) :

Les tablettes tactiles sont ajoutées et la tarification respecte celle du 1er vote. Les prix s’échelonnent jusqu’à 12 euros pour des périphériques entre 40 et 64Go. Ce marché en pleine croissance, comme nous avons pu le constater au CES, ne pouvait passer outre cette taxe. De même, elle est répartie d’une manière très équitable puisque toutes les tablettes à l’exception de celles utilisant Microsoft Windows y sont soumises. Il est en effet vrai que ce système d’exploitation mérite plus que les autres de ne pas être taxé. Le Syndicat des Industries des Matériels Audiovisuels Electroniques (SIMAVELEC), l’ignorant, souhaite déposer un recours devant le Conseil d’Etat qui sera appuyé par Archos. Le lobbying est inexistant car sans donner de raison, la commission a changé d’opinion pour finalement adopter une taxe. Nous vivons dans un pays sain, dans lequel il faut éradiquer au plus vite ces vilains adolescents boutonneux qui téléchargent, au lieu d’aller au musée tous les week-ends. De même, les entreprises ne comprennent pas le bénéfice d’une revalorisation, mais n’ont certainement rien compris aux joies culturelles :

« L’augmentation de la capacité de mémoire ne signifie pas que l’on copie plus. On taxe des biens avant même de savoir comment ils sont utilisés. De plus, il y a une distorsion de concurrence, puisque tous les OS ne sont pas touchés. »

Plus sérieusement, si vous souhaitez acheter une tablette sans payer la copie privée, dépéchez-vous puisqu’elle devrait être mise en place au premier trimestre 2011.

Note : Certains passages de l’article sont à prendre avec dérision !