Bonnnnnnnnn, déjà, ami lecteur, pardonne le jeu de mot pourri dans le titre.

Quelque part en Ontario, à quelques centaines de km de moi, y’a des gens chez RIM qui se creusent sérieusement la tête pour trouver une porte de sortie. La situation n’est pas facile pour RIM et sa marque Blackberry.

Les parts de marché dégringolent, le cours du titre boursier (TSX:RIM ça fait média sérieux quand on met ça) s’effondre petit à petit, beaucoup de dirigeants démissionnent, la presse locale s’acharne sur l’entreprise ontarienne, bref à la stratégie du constructeur canadien, on passe un mauvais quart d’heure.

L’un des avantages de Blackberry, ce sont les solutions d’entreprise et particulièrement les solutions de gestion de flotte. Quand on est une entreprise avec 20 000 employés, on gère pas franchement ça comme le téléphone de Norbert, 12 ans. Ce qu’on cherche, c’est une certaine garantie de confidentialité pour les communications, la possibilité de gérer les applications installées et de configurer les appareils par utilisateur ou par groupe d’utilisateurs (toutes les filles gens du marketing).

En fait, le succès de Blackberry, c’était essentiellement ça.

Ah oui, et aussi les adolescentes qui envoient des centaines de SMS à la chaine dans le métro montréalais torontois parisien (faut quand même que ça capte pour envoyer des SMS).

Bref, ce genre de solution est tout à fait absente de l’univers iPhone (par faiblesse technologique) ainsi que de l’univers Android (par manque d’initiative). Pour cette raison, RIM a probablement longtemps pensé son marché sécurisé mais c’était sans compter sur la pression des employés qui, au cœur des entreprises clientes de RIM, voulaient leur terminal iOS ou Android.

Aujourd’hui, dans l’espoir de rassurer les investisseurs et de reconquérir le marché, RIM opte pour deux stratégies. La première est de séduire les utilisateurs avec un OS repensé. Plus fiable et plus ergonomique, il n’a rien à envier à Android même pas ses applications puisque la dernière mouture de l’OS Blackberry embarque une DVM et est compatible avec un grand nombre d’applications Android.

La deuxième stratégie est de s’adapter à sa clientèle corporative. Les employés veulent des HTC, des Samsung, des LG ? Ok ok, on va les gérer aussi alors.

C’est ça l’idée qu’il y a derrière Blackberry Fusion. Cette solution entreprise permet de gérer des parcs de téléphone Android, Blackberry et iOS  à peu près de la même façon qu’avec Blackberry Enterprise Server.

Nous avons demandé l’avis de Benoit Chamontin de Geeks And Com, un inconditionnel de la Mûre :

C’est clairement au coeur de la stratégie de RIM. Disons que c’est son coeur de marché à l’origine et un formidable relais de croissance. Ça commence donc à faire mal de voir qu’en entreprise les admins réseau se passent de la solution de RIM car les utilisateurs ne veulent plus forcément d’un Blackberry. C’est clair que c’est une bonne stratégie pour revenir en entreprise en s’ouvrant aux autres plateformes. Après il doit y avaoir de sacrés défis techniques comme on s’en parlait.
Dans tous les cas la phrase de Thorsen Heins lors de la conférence du 29 mars n’est pas anodine : « nous prévoyons de nous recentrer sur le marché des entreprises et de capitaliser sur nos forces dans ce segment ». Beaucoup ont interprété cela comme la fin de la branche conso mais cela a été démenti. L’objectif est de se remettre en marche dans l’entreprise (qui génère pas mal de revenu historiquement et qui s’effondrait tellement) et de remobiliser les forces aux bonnes places. Les chantiers sont importants et il y a un risque si RIM court dans tous les sens sans mettre les forces aux bonnes places.
Bref on va voir la suite mais a priori cela laisse présager de bonnes choses. Il faudra également voir le chantier grand public : de quelle manière il pourra bénéficier de cela ? Quel impact ? Et puis quelle répartition des équipes?

Blackberry Fusion est facturé 99$ par utilisateur géré (prix négociables en fonction du volume).

Et vous, à votre avis ? Blackberry peut-il garder sa place en entreprise ?