Les chercheurs de l’université de Stanford ont pu échanger des applications et photos via la technologie NFC, et des Google Nexus S.

Imaginons que vous êtes chez votre commerçant et plutôt que de sortir votre carte bleue, vous lui tendez votre téléphone. Cette situation n’est pas de la science-fiction, car le NFC est capable de réaliser une telle opération. Plusieurs villes testent ce dispositif en France et de nouvelles vont s’ajouter en 2011. Pour notre plateforme, la technologie NFC a fait son arrivée sur Android, à la fois avec Gingerbread et le Google Nexus S. L’intérêt de cette technologie est principalement le paiement sans contact, mais ne se limite pas à ce pur intérêt commercial. Il est en effet possible d’échanger des données brutes, url, contacts… Pour Google, l’intérêt se cache dans la publicité que le moteur de recherche pourrait intégrer, car elle serait à la fois ciblée et proposerait un contenu innovant.

Les chercheurs du Stanford Mobile and Social Computing Research Group (raccourci en MobiSocial lab) se sont intéressés à la technologie. Le NFC peut faire office de lecteur, comme indiqué dans les différents exemples. Mais il y aussi la possibilité de faire des transactions P2P entre plusieurs périphériques. C’est ainsi que deux smartphones peuvent s’échanger des données. La puce du Nexus S est officiellement capable de lire, mais récemment nous avons appris qu’elle pouvait en faire davantage.

Les chercheurs se sont ainsi mis en tête de créer des applications utilisant ce protocole (NFC et P2P). Un des avantages d’Android est sa qualité open-source. De nombreuses personnes la critique parfois (code des surcouches des constructeurs introuvable), mais cette fois-ci elle fut utile pour les membres du MobiSocial lab. Au début du développement de Gingerbread, des premières implémentations avaient été créées. C’est ainsi que les personnes du laboration ont réutilisé ce code, tout en l’améliorant. Le premier résultat fut MyTag, permettant à un téléphone de présenter un tag NFC à une autre unité.

Ce travail a permis la création d’une API enrichie et le laboratoire a publié quelques démonstrations. Sachant que l’API Android ne possède pas toutes ces fonctionnalités, il faut installer au préalable une version modifiée du système. La première présentation est l’envoi d’un fichier : ici c’est une photo partagée depuis l’application Galerie (modifiée pour la cause). Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas de l’envoi de la donnée brute, mais d’une URL. La technologie NFC est parfaite pour l’échange de petites données, mais ne peut à l’instar du Bluetooth envoyer des contenus multimédia. Cela provient du débit faible, ainsi que de la nécessité d’avoir les unités en contact pour l’échange.

La deuxième démonstration concerne le partage d’une application, à savoir un tableau blanc (utilisé pour s’échanger des notes). Le système ne se limite pas à deux utilisateurs :

D’autres exemples ont été mis en place, comme un jeu de poker, une authentification sécurisée entre un navigateur et un téléphone. L’avenir du NFC sur le mobile n’est pas encore tracé, car de nombreuses rumeurs laissent à croire que les prochains appareils d’Apple auront la technologie. Cela permettrait de lui donner un fort coup de pouce et obliger les acteurs à rédiger des normes. Entre temps, vous pouvez essayer de bâtir des applications en utilisant Junction, le protocole développé par l’équipe de Stanford.

Source : Mobisocial