Le site de microblogging Twitter tombe sous le coup d’une class-action aux États-Unis. Selon certains utilisateurs, le réseau social fouinerait dans nos conversations via messages privées afin de mieux cibler ses publicités…

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Si le principe même de Twitter est de s’exprimer de façon à ce que nos messages soient visibles par le monde entier (ou presque, pensons aux Chinois par exemple), il demeure certaines zones de vie privée, comme les DM (pour Direct Message), où seuls deux interlocuteurs sont concernés. Selon Wilford Raney, utilisateur du réseau social, Twitter viole néanmoins cette intimité en « espionnant » nos messages entre le moment de leur envoi et leur réception par leur destinataire.

Et ce n’est pas entièrement faux. Twitter intercepte en effet les messages privés afin de remplacer les URL qui s’y trouveraient par des liens courts sous la forme http://t.co/. Cette procédure permettait à une époque de réduire le nombre de caractères d’un message (alors limité à 140 caractères), mais également de retracer le parcours d’un utilisateur et de permettre à Twitter de revendre des liens commerciaux. Ce changement ne pouvait néanmoins pas se faire sans un scan complet du message qui passe pour cela sur les serveurs de Twitter.

Partant de ce constat, Wilford Raney a porté plainte pour violation de l’Electronic Communications Privacy Act et des lois californienne sur la confidentialité, ce qui a depuis débouché sur une action collective à l’encontre de l’oiseau bleu auprès de la cour fédérale de San Francisco. L’action est divisée en deux parties, l’une concernant les utilisateurs ayant envoyé des DM, et l’autre concernant ceux en ayant reçu, avec une réclamation s’élevant à 100 dollars par jour pour chaque utilisateur.

Une jurisprudence en faveur de Twitter

Voilà deux ans de cela, Google était au cœur d’une affaire similaire puisque certains utilisateurs accusaient le moteur de recherche d’espionner leurs mails dans le but d’en retirer des mots-clés utilisés par la suite dans le cadre de publicités ciblées. Au final, un juge a refusé la certification de la class-action, donnant gain de cause à Google. Seul l’avenir pourra néanmoins nous dire s’il en sera de même pour Twitter.