Voyages-SNCF.com, qui devait organiser une opération de promotion avec Airbnb, a finalement rebroussé chemin face au mécontentement des professionnels de l’hôtellerie.

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Le train reste à quai

 

« Devenez hôte sur Airbnb et voyages-SNCF vous offre votre prochain billet de train ». Finalement, le train est resté à quai puisque l’opération prévue entre Airbnb et Voyages-SNCF.com n’aura pas lieu. Les deux entreprises avaient en effet noué un accord pour une opération de promotion qui aurait dû être rendue publique mardi en conférence de presse. La SNCF proposait de gagner un billet de train aller-retour ou deux billets aller contre la location, pour 200 euros minimum et avant fin février 2016, de son appartement sur Airbnb.

AIRBNB

Airbnb est une plateforme communautaire de location et de réservation de logements de particuliers fondée en 2008 par les Américains Brian Chesky et Joe Gebbia. Le site Internet contient en 2015 plus de 1,5 million d’annonces dans 34 000 villes et 192 pays. Basée à San Francisco, la société est détenue et exploitée par Airbnb Inc.

Il n’en sera rien, la conférence de presse a été annulée, et la filiale de la SNCF a publié un communiqué à la place. Elle y indique : « Face à l’incompréhension créée par la promotion ponctuelle de Voyages-sncf.com avec Airbnb, Voyages-SNCF.com a décidé d’arrêter l’opération en cours et de prendre le temps du dialogue avec l’ensemble des professionnels de l’hôtellerie afin d’analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d’économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France ». 

 

 

Grogne des syndicats

Car c’est bien le mécontentement des professionnels de l’hôtellerie qui a eu raison de l’opération. « Multinationale destructrice d’emplois », « évadée fiscale », autant de termes employés par les syndicats de l’hôtellerie, avec l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) en tête, pour décrire Airbnb. Pour le syndicat, « la question est de savoir s’ils arrêtent cette opération ponctuellement ou pas. Nous leur demandons d’arrêter définitivement ce partenariat inacceptable ».

Le GNI (Groupement National des Indépendants) a également réagi, axant son argumentation sur le domaine fiscal, qui fait effectivement débat avec Airbnb. « Comment cette société publique peut-elle nouer un partenariat avec cette société de services étrangère qui réalise en France près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et qui, dans le même temps, s’arrange et réussit le tour de passe-passe fiscal et social consistant à ne payer des impôts que sur à peine 2 % de son chiffre d’affaires et à ne déclarer que 30 salariés ! Qui plus est, est-ce le rôle de la SNCF de distribuer des billets gratuits aux frais des contribuables à une société privée ?! », peut-on lire dans un communiqué publié par l’organisation.