On a coutume de dire qu’un bébé est un coefficient multiplicateur universel : vos moments de bonheur comme vos moments difficiles s’en trouvent démultipliés ! Si l’on a rarement besoin d’aide pour supporter les moments de bonheur, on ne refuse jamais un petit coup de main pour les passages plus compliqués. C’est l’objet de ce dossier, qui présente quelques applications Android dédiées aux « jeunes parents » (ici, les parents de bébés de moins d’un an), ainsi que quelques détournements utiles d’applications plus généralistes ou de fonctions intégrées au système de votre smartphone.

baby-74163_1920

Bébé et votre smartphone

Vous le savez sans doute si vous lisez ceci, les bébés sont irrésistiblement attirés par les écrans. C’est vrai pour les smartphones comme pour les montres connectées. Ces dernières sont particulièrement concernées, car accrochées à votre poignet quand vous vous occupez de La Crevette, ce qui fait qu’elles se trouvent souvent à portée d’yeux et de mains. On devine la suite.

Le problème, bien sûr, c’est que ces interfaces sont conçues pour recevoir des interactions à un rythme raisonnable, et suivant un ordre logique. Autant vous dire que bébé n’en a cure. Arrivent les réveils programmés pour 2h du matin, les SMS et emails du boss marqués comme lus alors-que-non-en-fait… Ces petits incidents sont comiques vus de l’extérieur, mais il arrive qu’on souhaite les éviter quand on manque de sommeil ou qu’on est stressé. Heureusement, ça n’arrive jamais aux jeunes parents, n’est-ce pas ?

Figure_1_moto_screen
Ci-dessus : l’interface du mode cinéma sur Android Wear 5.1

Sur Android Wear, la première solution pour éviter ce genre de soucis est intégrée au système : il suffit tout simplement de passer en mode cinéma dès qu’on va interagir avec bébé. C’est rapide (deux clicks sur le bouton) et permet aussi d’éviter les éblouissements dans le noir lorsqu’on le couche enfin. L’inconvénient, c’est qu’on perd toute interaction avec la montre, y compris les notifications, et que cela ne marche que si on pense à activer le mode avant – ou qu’on a les mains assez libres pendant – qu’on s’occupe de lui.

Pour aller un peu plus loin, on peut choisir d’installer sur sa montre Android Wear un équivalent du verrouillage d’écran qui existe sur la version téléphone de l’écosystème. Notez bien qu’il existe une fonction de verrouillage d’écran intégrée à Android Wear (cf. ci-dessous), mais celle-ci n’est conçue que pour se déclencher lorsque vous vous éloignez de la montre, et pas quand vous la portez : cela ne correspond donc pas à notre besoin.

Android Wear
Ci-dessus : le verrou d’écran intégré à Android Wear ne sert que lorsque la montre s’ennuie toute seule.

Pour protéger nos montres des petits chenapans, il faut donc avoir recours à une application tierce. Il en existe plusieurs sur Android Wear, mais notre préférée est Showear.

showear-2

L’interface de Showear au-dessus de la Watch Face. L’application peut vous rappeler la combinaison de déverrouillage, ou rester totalement transparente. Elle interagit également lorsque vous rentrez la combinaison.

Cette application du développeur Nicola Barresi permet de définir un schéma du même type que sur un smartphone, mais également une formule bien plus pratique sur un petit écran : une combinaison de swipes (sur notre exemple : Up-Up-Down-Down, mais ne le dites pas à ‘Tibouchon) pour déverrouiller l’écran. Très pratique également, l’écran de verrouillage peut-être activé d’un simple swipe depuis un endroit prédéfini de l’écran : pas besoin de chercher l’icône de l’application !  Enfin, une fois activé, l’écran de veille peut rester totalement discret et ne vous empêche pas de consulter l’heure ou le résumé de vos notifications. Le bonus ? C’est totalement gratuit.

showear

None shall pass!

Avantage secondaire des verrous d’écran : à moins que vous soyez surhumains, il y a forcément un moment ou un autre où il sera utile de détourner l’attention de bébé pendant quelques instants. Comme les verrous affichent en direct une animation en réponse à la saisie de la combinaison, cela en fait un petit jeu amusant (la preuve en image ci-dessus) et sans conséquence pour vous.À moins bien sûr d’avoir un petit génie de l’informatique, ou de le laisser tout seul suffisamment longtemps pour que l’option du « brute force hacking » devienne viable (notez cependant que nous ne conseillons pas cette méthode éducative).

Le verrou d’écran est également très utile sur les smartphones. Ces derniers ont l’avantage de pouvoir facilement être mis hors de portée de bébé – ce qui est beaucoup plus laborieux dans le cas d’une montre connectée –, mais il y a toujours un moment ou vous devez consulter un SMS urgent, puis laissez trainer le précieux sur le tapis de jeu pour aller mixer en urgence le repas suivant (qui est toujours urgent, quel que soit l’espace-temps dans lequel on se trouve). Et puis on apprend assez vite que bébé sait très bien piquer les objets dans les poches, de préférence ceux qui sont réservés aux adultes.

Mais certains n’aiment pas cette option, tant il est vrai qu’elle peut être fastidieuse à la longue. Pour ceux-là, un petit conseil : une solution alternative et partielle consiste à verrouiller son bureau, une fonction qui est offerte par des launchers alternatifs tels que le célèbre Nova Launcher. Cela permet au moins d’éviter qu’on ne mette le bazar dans vos widgets et vos icônes. Bien sûr, ça ne l’empêchera pas d’envoyer « bzrhjmka » par SMS à votre patron, ou de l’appeler pendant que vous êtes aux toilettes.

nova-launcher

Si le bébé est assez grand, on peut être amené à lui proposer une application éducative sur tablette ou smartphone. Il n’est généralement pas conseillé de laisser les enfants en bas âge devant un écran pendant trop longtemps, mais quelques instants suffisent parfois à beaucoup les amuser ! Si vous tentez l’expérience, vous vous rendrez vite compte que les paradigmes d’interface et d’interaction de Maître Duarte passent à des kilomètres au-dessus de Bidibulle, qui va toucher l’écran partout où il est possible de placer les doigts, provoquer tous les bugs du monde et sortir en moins de 10 secondes de cette fameuse application éducative… Qui du coup, ne servira à rien. Si vous êtes dans ce cas, Zouzou est probablement trop petit pour Android. Mais si vous souhaitez insister, vous pouvez tenter d’utiliser la fonction « d’épinglage d’écran » intégrée à Android depuis la version 5.0 (pour plus d’informations, consulter l’aide d’Android).

Dans notre expérience, cette fonction montre assez rapidement ses limites : les doigts de bébé font un véritable carnage sur un écran tactile, et soit l’épinglage d’écran offre des failles, soit la combinaison de touches pour l’annuler est trop simple. En tout cas, Bugsurpattes se retrouve sur l’écran d’accueil au bout de 20 à 30 secondes au lieu de 10 sans l’épinglage d’écran. Finalement, peut-être le fameux « Chrome Touchbot » pourrait-il être aisément remplacé par un bébé ?

 

Surveiller bébé pendant son sommeil

Les moniteurs de sommeil sont des appareils bien pratiques pour se détendre dans le salon entre adultes, pendant que bébé dort à l’étage. Mais ces appareils présentent un défaut majeur : ils se débrouillent toujours pour être oubliés à la maison quand on en a vraiment besoin. Heureusement, des petits malins se sont dit qu’un téléphone était presque toujours à portée de mains, et qu’avec ces capteurs intégrés, il pouvait très bien remplacer un moniteur dédié. De nombreuses applications existent sur le Google Play, présentant différents niveaux de fonctionnalités et de prix. Nous en avons retenu deux qui sortent du lot.

babephone

L’app fonctionne bien, mais pour le design, on repassera…

La première s’appelle Babephone et plait surtout par sa simplicité et sa robustesse. Babephone nécessite deux téléphones qui vont fonctionner en tandem, l’un restant dans la chambre pour servir de détecteur. Il faudra donc que papa et maman se mettent d’accord sur celui qui sacrifiera son joujou pour quelques heures, selon un principe proche de celui du capitaine de soirée. Babephone utilise le micro du smartphone laissé dans la chambre pour détecter si bébé pleure. Si c’est le cas, il appelle le second téléphone : vous n’avez plus qu’à décrocher pour écouter ce que l’il raconte, voire pour lui chanter une berceuse via le haut-parleur (ambiance garantie si vous êtes restés à table). On peut régler le niveau de sensibilité du micro, et le délai d’alerte. C’est simple, et ça marche.

dormi

La seconde application s’appelle « Dormi ». Beaucoup plus perfectionnée que la précédente, elle permet d’utiliser la caméra de l’appareil « enfant » pour envoyer un streaming vidéo (ce qui est d’un intérêt limité si votre enfant dort dans le noir), de connecter plusieurs appareils « parent » et d’utiliser une liaison donnée, ce qui permet de s’affranchir d’un forfait téléphonie ou d’utiliser une tablette. L’inconvénient majeur de cette application est qu’elle nécessite une connexion de données active : il faut donc une couverture réseau de qualité, ou un réseau WiFi accueillant. Dans notre expérience, certaines Freebox se sont montrées peu compatibles avec l’application. Autre inconvénient : l’application limite le temps de surveillance gratuit : au-delà, vous devrez payer un forfait annuel ou un déverrouillage complet pour 7 euros. Cela paraît un peu cher dans l’univers du Google Play, mais peu si on le compare à un véritable moniteur. À vous de voir !

 

Diffuser des berceuses à distance

Surveiller ses enfants qui dorment, c’est un peu un problème de riche : il faut déjà qu’ils dorment… « Baby Sleep Instant », de l’équipe UrbanDroid, est là pour vous aider, en particulier dans les tout premiers mois de bébé. Cette application permet de diffuser près du lit de Chipou une sélection de « bruits blancs » qui sont censés l’aider à se détendre et trouver le sommeil. On y trouve entre autres un bruit de douche, de ventilateur, de voiture, une boîte à musique, le bruit de la mer, d’une rivière… Mais aussi un sèche-cheveux, une machine à laver ou un aspirateur (les enfants sont formidables).

L'interface soignée de Baby Sleep Instant

L’interface soignée de Baby Sleep Instant

Bien sûr, l’application propose aussi des sons plus humains avec un battement de cœur (très efficace), une simulation des bruits entendus dans le ventre de maman, et enfin la possibilité très bienvenue d’enregistrer votre propre voix en train de chanter « Dors mon pt’i’t Quinquin » ou « Never Give You Up » de Rick Astley. Bien conçue et dessinée, l’application vous permet de déterminer le temps de diffusion du son, le volume, et de passer l’appareil en mode avion, ce qui est évidemment recommandé pour préserver les précieux neurones de votre futur petit génie (et accessoirement, éviter qu’il ne soit réveillé par un sms de Moussa, prince d’Arabie Saoudite qui veut vous donner 3 millions de dollars).

 

Un peu d’éveil musical

Lorsque Mozart-Junior est réveillé, on peut passer à une musique un peu plus diversifiée. Pour les moments de jeu ou pour le bain, Radio Pomme d’Api est idéale. Il s’agit d’une application on ne peut plus simple qui ne sert qu’à une chose : diffuser la radio du même nom. Les amateurs de développement sophistiqué peuvent passer leur chemin, l’application est manifestement un bête portage de la version iPhone, mais ça marche, c’est gratuit, et c’est déjà pas mal. On n’y trouve malheureusement pas la prise en charge des contrôleurs médias, mais l’application permet quand même d’afficher la couverture et des informations sur l’auteur et le titre de la piste diffusée.

radio-pomme-dapi

Radio Pomme d’Api ne connaît pas le Material Design.

Pour ceux qui ne connaissant pas Radio Pomme d’Api : cette radio diffuse un méli-mélo bien ajusté de titres pour enfants, de comptines, mais aussi de titres pour adultes et de grands classiques de différents genres musicaux. C’est assez étonnant, mais même les adultes y trouvent leur compte. Il faut l’écouter au moins une fois, ne serait-ce que pour entendre l’inoubliable Jingle « c’est l’heure du baiiin » entre 16 et 18h. Si vous tenez réellement à utiliser une application bien ficelée, notez qu’il est également possible de diffuser radio Pomme d’Api sur une application de streaming radio généraliste, comme Tune In Radio par exemple.

 

Google Photos pour classer vos bons moments

Même si je disais en introduction qu’on n’a pas besoin d’aide pour vivre les bons moments, un petit coup de main pour les partager et se les remémorer ne fait pas de mal. Pour cela, l’utilisation de Google Photos sur une longue période est vraiment magique. Comme tout est automatique, on a réellement l’impression qu’un ami vient nous voir et nous montre ses photos et films de vos propres moments de vie. Quand votre enfant est en forme et que vous n’hésitez pas à utiliser le mode rafale, Google Photos vous gratifie quelques minutes plus tard d’animations hilarantes et bien composées. Même un photographe professionnel aurait du mal à retranscrire aussi efficacement la dynamique du moment, et les vidéos sont souvent plus compliquées à visualiser.

Les premiers mois de bébé sont de vraies tranches de votre vie qui passent à toute vitesse, et c’est assez émouvant de voir arriver, un an après, une notification vous proposant de revivre le lendemain de la naissance, quand les grands-parents ont vu leur petit(e)-fillot(te) pour la première fois.

google photos app 5

Les algorithmes de Google Photos peuvent également être pris en défaut, ce qui donne parfois des résultats intrigants. Par exemple, la vitesse de croissance de votre bébé trompe totalement l’algorithme de reconnaissance de visage, et il se trouve reconnu comme une personne différente à peu près tous les 3 mois. Enfin, il arrive que certains parents – hem – angoissent sur le système digestif de leur enfant dans les premières semaines et prennent des photos de ses selles pour en documenter l’évolution (ne jugez pas !). Une conséquence inattendue est de voir ces photos resurgir lorsque vous faites une recherche avec le mot-clef « nourriture » sur Google Photos. Vous pouvez me croire, ça surprend même si, au sens « propre », il s’agit bien de nourriture.

Voilà pour ce premier tour d’horizon de quelques applications utiles dans les premiers mois des enfants. Bien sûr, tout n’y est pas, aussi n’hésitez pas à nous faire des suggestions dans la section commentaires. Et comptez sur nous pour décliner le concept dans quelques mois !