Visé dans une enquête menée par BuzzFeed, Uber se défend d’avoir reçu des milliers de rapports concernant des agressions sexuelles ou des viols ces dernières années.

Uber Paris

“Il y a des agressions sexuelles dans les Uber”. Voilà le genre de phrase que l’on entendait assez régulièrement lorsque les tensions entre taxis et chauffeurs de VTC étaient vives, sans que l’on ait vu de preuves particulières allant dans le sens de ces allégations, si ce ne sont quelques faits divers disséminés à travers le monde et dont on doute qu’ils auraient fait particulièrement l’actualité si la marque “Uber” n’y était pas apposée. BuzzFeed, dans sa version US, s’est en tout cas penché sur la question et a réussi à obtenir des informations provenant de la base de données du support client de la firme. Des informations assez effrayantes en premier lieu, mais auxquelles Uber a répondu.

Lorsqu’on interroge la base de données du support client avec des expressions comme “Rape” (viol) ou “Sexual assault” (agression sexuelle), ce sont plus de 5800 et 6160 résultats qui s’affichent, courant la période de décembre 2012 à août 2015. Evidemment, en apprenant que BuzzFeed a obtenu ce type de données, Uber a réagi et tenu a expliquer pourquoi autant de résultats apparaissent lorsque ces termes sont recherchés.

rape uber

Uber explique qu’en réalité, sur cette période, le service a recensé 5 plaintes avérées pour viol, ce qui représente 0,0000009 % des courses effectuées, et environ 170 pour diverses agressions sexuelles, c’est-à-dire une toutes les 3,3 millions de courses. Des chiffres évidemment encore trop élevés, mais bien moins perturbants que ceux avancés lors des recherches de BuzzFeed.

sexual assault uber

Selon les représentants d’Uber, le mot “rape” peut avoir beaucoup de raisons de ressortir dans la base de données du support client, comme son utilisation dans des expressions (you raped my wallet – vous avez violé mon portefeuille) ou une faute de frappe entre les mots rate et rape. Uber explique aussi que de nombreuses adresses email ou nom de chauffeurs contiennent le mot “rape” (par exemple, Don Draper), et que ces résultats sont inclus alors qu’il existe 11 000 chauffeurs et 17 500 adresses emails avec cette succession de lettres.

Quant à l’utilisation des termes “sexual assault”, il y a beaucoup moins d’explications de la part d’Uber, si ce n’est qu’une enquête est menée à chaque fois qu’un ticket de ce type est renvoyé au service client. Pour des cas aussi graves, Uber rentre toujours en contact avec les plaignants, et suspend parfois les chauffeurs incriminés le temps de l’enquête.

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