Citymapper ne cache plus son ressentiment envers la RATP, dont elle souhaite obtenir les données en temps réel. L’application britannique a d’ailleurs lancé une pétition invitant les mobinautes à soutenir son combat pour l’open-data.

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N’en déplaise aux mobinautes, qui utilisent peut-être de multiples applications pour organiser leurs déplacements à Paris et en île de France, la RATP n’est pas du genre à partager ses petits secrets. Pas question donc, pour la régie des transports, de donner suite aux demandes de Citymapper, la principale application mobile à le réclamer, et de lui fournir l’accès aux données relatives aux horaires de passages des bus, métros et RER, mais aussi aux informations de types incidents et retards. Pas d’open data pour la RATP, qui conserve jalousement ces précieuses données.

À tel point que Citymapper fustige publiquement la fin de non-recevoir que lui a infligée la RATP, et invite ses utilisateurs, via son blog, à soutenir sa démarche : « La RATP essaye d’empêcher Citymapper d’afficher les prochains départs des bus et métros en temps réel. Si elle parvient à ses fins des centaines de milliers de Franciliens vont perdre accès aux informations de base sur les transports de leur région. Pour nous soutenir, signez la pétition pour l’ouverture des données à Paris ! » La pétition, qui a pour l’heure récolté un peu plus de 9000 soutiens, fustige l’attitude de la RATP : « Il est temps de mettre un terme à cette situation. Pourquoi interdire aux Parisiens de choisir quelle application utiliser pour se déplacer ? Pourquoi empêcher la création de services innovants à Paris, au moment où l’État essaye d’encourager les start-ups ? »

Utilisée par 1,2 million de personnes, l’application britannique Citymapper est présente dans de nombreuses grandes villes occidentales, et vient de boucler une levée de fonds de 40 millions de dollars, pour une valorisation de 350 millions d’euros. C’est très précisément la raison invoquée par la RATP pour justifier la fermeture de ses données en temps réel. Le directeur service et relation clients de la RATP, Franck Avice, explique ainsi à nos confrères du Monde ne pas souhaiter que Citymapper s’immisce entre la régie et ses clients. « Si on les laisse s’en servir gratuitement, on risque de vivre ce qu’ont vécu les hôtels avec Booking.com et perdre notre relation à nos clients ».

« Pourquoi devrait-on leur céder gratuitement nos données ? »

Et de poursuivre sur une note nettement plus méfiante : « Vous pensez vraiment que cette société lève autant d’argent pour développer simplement le meilleur service d’itinéraires ? Les investisseurs espèrent récupérer des données sur les utilisateurs de ces applications, qu’ils pourront monétiser plus tard et croiser avec d’autres données. Dès lors, pourquoi devrait-on leur céder gratuitement nos propres données ? » La question du paiement de licences d’exploitation semble donc être au centre des préoccupations de la RATP, bien que Citymapper ne l’entende pas de cette manière : « La RATP nous a signifié qu’il était hors de question de laisser les utilisateurs de Citymapper voir les prochains passages des bus en temps réel, et que toute tentative de discussion était inutile pour des raisons politiques ».