Le patron de Snapchat est au cœur d’une nouvelle polémique au moment où son service est en perte de vitesse face à Instagram.

Anthony Pompliano a été recruté en 2015 par Snapchat pour augmenter la croissance du service en nombre d’abonnés. Trois mois après son arrivée, il a été renvoyé sans préavis, et fut escorté par la sécurité à la sortie de l’entreprise.

Derrière ce passage éclaire dans l’entreprise, se cache un profond désaccord entre Pompliano et le patron de Snapchat, Evan Spiegel. Pompliano a depuis poursuivi Snapchat devant les tribunaux concernant son renvoi.

Certains éléments du dossier judiciaire ont été rendus publics et dépeignent un patron de snapchat particulièrement froid et déplaisant.

 

Un nombre d’utilisateurs remis en question

Après son arrivée dans l’entreprise, Pompliano affirme avoir découvert un système de télémétrie vétuste qui ne permettait pas à Snapchat de compatibilité ses abonnés actifs de façons fiables. L’entreprise utiliserait deux logiciels, Flurry et Blizzard, ayant chacun des failles majeures.

Flurry aurait été configuré par Snapchat pour comptabiliser les notifications push, ce qui surestime largement les utilisateurs réellement actifs sur le système. À l’inverse, Blizzard ne prend pas en compte les utilisateurs les plus anciens de Snapchat et sous-évalue donc le nombre d’abonnés actifs.

Pompliano affirme également avoir découvert avec stupeur que la base utilisateur de Snapchat ne grossissait que de 1 à 4% par trimestre, ce qui était bien inférieur aux résultats annoncés par l’entreprise. D’autres statistiques étaient également surévaluées, par exemple Snapchat annonçait convaincre 40% des utilisateurs après 7 jours d’utilisateurs, alors que c’était plutôt autour des 20% d’après Pompliano.

 

 « Une application réservée aux riches »

Lors d’une réunion où Pompliano présentait les résultats de son enquête, Evan Spiegel, le patron de Snapchat, aurait été complètement hermétique à ces découvertes. D’après ce dernier, ces statistiques n’avaient aucune importance.

Pompliano serait alors revenu sur les faibles performances de Snapchat en Inde et en Espagne, deux pays avec une large population d’utilisateurs de smartphone et donc clients potentiels du réseau social. À ce sujet Evan Spiegel aurait tout simplement répondu : « Je ne souhaite pas m’étendre dans des pays pauvres comme l’Inde ou l’Espagne, » avant de préciser : « Cette application est seulement pour les personnes riches ».

Enfin, Pompliano affirme que Snapchat aurait donné de mauvaises recommandations à d’autres entreprises, lui rendant difficile la tache de trouver un autre emploi, et lui aurait demander des informations confidentielles sur Facebook, son ancien employeur avant Snapchat.