Le Pakistan a demandé à Facebook d’utiliser des numéros de téléphone plutôt que des adresses email pour identifier les internautes. Le réseau social a refusé afin de ne pas favoriser les dures politiques de répréhension du pays.

Mark Zuckerberg.

Le Pakistan a récemment demandé à Facebook de changer sa méthode d’identification sur le réseau social. Dans ce pays asiatique, comme partout ailleurs dans le monde, il faut entrer son adresse email et son mot de passe pour s’identifier et accéder à la plateforme.

Ce système ne plait pas aux autorités pakistanaises qui ont demandé à l’entreprise de Mark Zuckerberg de changer de méthode. Elles souhaitaient en effet que les internautes se connectent en entrant leur numéro de téléphone plutôt que l’adresse email.

D’après le gouvernement, cette requête avait pour objectif de repérer et sanctionner les utilisateurs de « faux comptes », en particulier ceux qui diffusent des messages de haine ou des blasphèmes.

Facebook refuse

Christine Chen, une porte-parole de Facebook citée par la BBC, a confirmé que la firme avait reçu une telle demande de la part du Pakistan. « Facebook a rencontré les autorités du Pakistan afin d’exprimer son profond engagement dans la protection des droits des personnes qui utilisent ce service, pour permettre aux gens de s’exprimer librement et en sécurité », explique-t-elle.

Autrement dit, Facebook a refusé d’accéder à la demande du gouvernement. « C’était une rencontre importante et constructive pendant laquelle nous avons exprimé nos inquiétudes par rapport aux récentes affaires judiciaires et nous avons expliqué que nous appliquons un processus légal et strict à chaque demande de gouvernement réclamant des données ou des restrictions de contenus », ajoute la porte-parole.

Situation délicate

Il faut dire que le Pakistan mène une politique très dure et n’a pas hésité, il y a peu, à condamner un homme à mort pour un commentaire blasphématoire posté sur Facebook.

Dans ce genre de situation, il est toujours très intéressant de voir comment un réseau social réagit à la demande d’un pays. D’autant plus qu’ici, il s’agit de Facebook qui compte 2 milliards d’utilisateurs. Si l’entreprise avait répondu favorablement au Pakistan, cela aurait créé un précédent et aurait pu avoir des conséquences pour des millions de personnes à travers le monde.