Les jeux freemium ont-ils de l’avenir ? C’est bien ce que croit l’éditeur Kabam qui, s’il ne parle pas forcément au profane, détient quelques licences de renom. Et compte poursuivre sur sa lancée, avec notamment un nouveau titre baptisé Blast Zone, sorte de Bomberman des années 2010, lequel devrait contribuer à lui assurer un chiffre d’affaires substantiel.

Kabam

Avec l’ouverture de ses nouveaux locaux à Berlin il y a une quinzaine de jours, la firme Kabam compte mettre les bouchées doubles sur les plateformes mobiles. Celui à qui l’on doit notamment des jeux autour des licences The Hobbit et Fast & Furious vient d’ailleurs de signer un partenariat avec l’acteur américain Wil Wheaton, lequel apparaîtra dans son titre Dragons of Atlantis: Heirs of the Dragon dans le cadre d’un événement in-game. Et pour mieux se faire (re)connaître en Europe, l’éditeur américain mise sur une stratégie précise : implanter ses bureaux dans des zones clés du continent, et dialoguer avec ses concurrents pour mieux adapter ses titres aux publics auquel il les destine. En ligne de mire, un chiffre d’affaires assez impressionnant.

Avec 80 nouveaux employés et, d’ici la fin de l’année, 150 salariés dans ses bureaux berlinois, Kabam espère engranger un chiffre d’affaires situé entre 550 et 650 millions de dollars pour l’année 2014, alors même que ses revenus pour l’année 2013 atteignaient 360 millions de dollars, en augmentation de 100 % par rapport à l’année précédente. La firme compte notamment sur son titre Kingdom of Camelot, lequel lui a permis de récolter 250 millions de dollars en quatre ans, mais aussi sur ses franchises les plus juteuses. On pense notamment aux 100 millions de dollars générés en 2013 par The Hobbit: Kingdoms of Middle-earth et deux autres jeux pour la seule année 2013. Et de fait, en un coup d’œil sur le Play Store, on réalise que quelques uns des ses titres ont allègrement dépassé les 10 millions de téléchargements, sans compter les ventes liées à l’App Store d’Apple. À tel point qu’une introduction en bourse reste d’actualité, même si la baisse de la valeur de ses concurrents après leur propre IPO (voir le cas de King) a de quoi créer des réticences ; Kabam attend son heure, indiquant ne pas souhaiter se précipiter.

 

Du freemium, un point c’est tout

Pour consolider son poids en tant qu’éditeur, mais aussi en tant que partenaire d’autres développeurs, la firme californienne mise sur le freemium avec achats in-app. Et rien d’autre, comme nous l’a confirmé le président de son game studio, Andrew Sheppard. « Nous ne comptons pas sortir de ce modèle économique, c’est notre identité« . Moins agressif que certains concurrents en termes de monétisation, Kabam vise autant ceux que l’on qualifie parfois de « joueurs baleines » (ceux qui n’hésitent pas à mettre régulièrement la main au porte-monnaie) que les plus réticents à débourser quelques dizaines de centimes au coup par coup.

Andrew Sheppard

Andrew Sheppard, le responsable de Kabam.

Son prochain jeu, Blast Zone, dont on regrettera un certain manque d’originalité – il s’agit ni plus ni moins que d’un Bomberman revu au goût du jour – s’inscrira dans cette veine. Il permettra au joueur de récolter une monnaie virtuelle lui permettant d’acheter des bonus, pour peu qu’il passe quelques heures sur son smartphone ou sa tablette, de jouer en solo ou en multijoueur en passant par son compte Facebook. Dommage cependant, le jeu n’est disponible pour le moment qu’au Canada et sur iOS, et devra patienter quelques semaines encore avant de faire son entrée sur les terminaux Android, où, freemium oblige, il sera donc gratuit.

Blast Zone

Blast Zone