Peut-on espérer voir un jour Nintendo arriver sur le segment du téléphone ? C’est ce que laisse entendre le brevet déposé par la firme de jeux vidéo l’été dernier, et qui vient tout juste d’être rendu public.

Nintendo

Tout n’est pas rose pour Nintendo. Malgré le récent lancement du dernier Pokemon, dont la première semaine de vente a vu 1,5 millions d’unités partir comme des petits pains, le Japonais peine à vendre ses autres jeux, comme phagocytés par le succès des bestioles dressées par des enfants à casquettes. C’est bien sûr sans compter sur le dernier Super Smash Bros, tout juste sorti, et qui devrait apporter un coup de pouce à la Wii U sur laquelle le titre est disponible. De quoi endiguer les pertes de Nintendo, évaluées à 250 millions d’euros pour l’année fiscale en janvier dernier.

Du sommeil et des jeux

Nintendo envisage plusieurs leviers pour seconder ses revenus purement vidéoludiques. Il y a quelques jours, on découvrait ainsi ses intentions dans le domaine des capteurs de bien-être, par le biais d’un système de tracking du sommeil sans contact : la firme compte ainsi fabriquer un capteur capable d’analyser la qualité du sommeil et les données biologiques du dormeur (rythme cardiaque) en partenariat avec Resmed. On attend évidemment une compatibilité d’un tel dispositif avec des smartphones qui se chargeront de laisser l’utilisateur consulter et interpréter les données recueillies.

L’affaire ne s’arrête pas là dans le monde du mobile. Nintendo l’a dit et s’y tient : il ne lancera pas de jeux sur les portails de téléchargement, même cette app compagnon à Mario Kart qui avait fait l’objet de rumeurs au printemps dernier et n’est toujours pas apparue sur les boutiques internationales. Toutefois, un brevet publié par Nintendo pourrait constituer une nouvelle approche du mobile. Ce dernier a été déposé par le Japonais en juin dernier auprès de l’USPTO (organisme américain des brevets) et vient d’être révélé. Baptisé « Hand-Held Video Game Platform Emulation« , il porte sur l’émulation de jeux pour consoles GameBoy, GameBoy Color et GameBoy Advance, soit précisément les titres les plus prisés des utilisateurs d’émulateurs pour mobiles.

Brevet Nintendo

Le dépôt d’un tel brevet ne signifie en rien que Nintendo trouvera son salut dans l’édition d’un émulateur de jeux à ses couleurs, bien que l’idée soit on ne peu plus enthousiasmante pour qui a grandi à l’ère des Super Nintendo et autre GBA. Mais son apparition à l’heure même où l’éditeur cherche de nouvelles sources de revenus laisse un mince espoir de voir débarquer un tel outil sur les plateformes mobiles, qui aurait l’insigne avantage de faire sortir les utilisateurs d’émulateurs de l’illégalité dans laquelle ils pataugent gaiement à ce jour.