Vivendi a annoncé hier soir détenir désormais plus de 25 % des actions de Gameloft. La société française ne cache désormais plus ses intentions de prendre le contrôle de l’éditeur de jeux vidéo sur mobile si ce dernier ne collabore pas.

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Ce qui a commencé par un « investissement pacifique » va peut-être bien se terminer en OPA saignante. Vivendi ne s’en cache désormais plus. Dans un communiqué publié hier soir sur son site officiel, la société de Vincent Bolloré a annoncé détenir désormais 26,69 % de Gameloft, soit  22,7 millions d’actions acquises pour un montant de 111,6 millions d’euros. « Le Groupe a franchi les seuils légaux de 20 % et 25 % du capital de Gameloft respectivement les 1er et 3 décembre 2015 », peut-on lire sur la page investisseurs de Vivendi.

Vivendi se rapproche désormais du seuil critique des 30 % de capital de Gameloft. Ce seuil est une véritable menace pour la société de la famille Guillemot, puisque légalement, lorsqu’une société détient 30 % du capital d’une autre société, elle doit obligatoirement lancer une offre publique d’achat (OPA) afin de racheter toutes les autres actions afin d’en prendre totalement le contrôle. Une menace que Vivendi, qui dispose aujourd’hui d’une trésorerie estimée à un peu plus de 9 milliards d’euros, pourrait facilement mettre à exécution, quand bien même le cours de l’action de Gameloft exploserait. En un peu plus de deux mois, Vivendi est passé d’un peu plus de 6 % à presque 30 %.

 

La collaboration ou l’OPA

C’est également une option que Vivendi ne s’interdit plus. Dans son communiqué d’hier soir, on peut lire cette déclaration passive-agressive : « ces achats n’ont pas été spécifiquement conçus comme une étape préparatoire à un projet de prise de contrôle de Gameloft ; aucune décision n’a été prise en l’état concernant un éventuel dépôt d’offre publique d’acquisition sur les titres de Gameloft ; au cours des prochains mois, Vivendi entend privilégier une approche constructive permettant d’étudier une collaboration fructueuse pour les deux groupes. Si une telle approche ne se conclut pas favorablement, Vivendi n’exclut pas de prendre le contrôle de Gameloft ».

En d’autres termes, Vivendi prévient pour l’instant la famille Guillemot qu’elle ne lancera pas une OPA si ces derniers collaborent avec Vivendi. La menace est claire : soit les Guillemot trouvent un terrain d’entente avec Vincent Bolloré, soit ce dernier s’empare sans scrupule de Gameloft afin de l’intégrer dans « une vision stratégique de convergence opérationnelle » qui engloberait la télévision (Canal+), la musique (Universal) et le jeu vidéo (Gameloft mais aussi Ubisoft). Réponse dans les semaines à venir.