Ce matin, le Snep (Syndicat national de l’édition phonographique) tenait une conférence de presse. L’enjeu : faire le point sur le streaming et le téléchargement musicaux, mais aussi dédiaboliser les services d’écoute en illimité.

Streaming

En France, de multiples services de streaming musical se partagent un marché extrêmement mobile, puisqu’ils autorisent une écoute hors connexion via leurs abonnements premium sur leurs applications pour smartphones. Spotify, le leader mondial du genre, est suivi d’un Deezer comptant près de 1,5 million d’abonnés en France, selon les chiffres révélés par Électron Libre début janvier, dont 1,06 million de clients apporté par un forfait Orange. Entre Spotify intégré aux Bonus Sensation de Bouygues Telecom et Napster aux Extra de SFR, les opérateurs ont, de fait, un rôle à jouer dans la montée en puissance des services de streaming musical dans l’Hexagone. 

Le Syndicat national de l’édition phonographique (soit les producteurs de musique) y allait ce matin de son lot de chiffres récupéré auprès des majors de l’industrie du disque. D’après lui, le chiffre d’affaires généré par les services de streaming a largement dépassé celui du téléchargement de titres, avec 73 millions d’euros en 2014 pour les premiers contre 54 millions pour le second. Le Snep établit la croissance du streaming à 34 % de 2013 à 2014 et celui du numérique à 29 %, tandis que dans le fléchissement des revenus dans le domaine des produits physiques (CD, vinyles et DVD musicaux) se poursuit. Malgré tout, ces produits plus classiques représenteraient encore 70 % du marché musical en France. Streaming ou téléchargement définitif, l’avenir de l’industrie musicale semble aujourd’hui tourné vers une évolution numérique au détriment des supports traditionnels.

Tout à gagner avec le streaming ?

Le Snep cherche à jouer la transparence en termes de revenus générés par les services de streaming. Alors que deux millions de Français sont abonnés à ce type de formules (données croisées des plateformes de streaming, du Snep et de GFK) contre 1,44 million en 2013, ce sont 12 milliards de chansons qui ont été écoutées par ce biais. Autant dire que côté revenus – chaque abonné premium débourse généralement une dizaine d’euros par mois – sont colossaux, mais sujets à débat : on se rappelle Taylor Swift qui, fin 2014, claquait la porte de Spotify, jugeant la rémunération proposée par le service inéquitable pour les artistes.

Streaming

C’est très précisément sur ce point que revient le Snep. Selon ses chiffres, sur un abonnement de 9,99 euros, 4,56 euros sont réservés aux producteurs, 2,08 euros aux plateformes de streaming, 1,67 euro à l’État (TVA), 1 euro aux auteurs, compositeurs et éditeurs, et enfin 0,68 euro aux artistes interprètes. Avant impôts, il ne resterait plus que 26 centimes de bénéfices réservés aux producteurs contre 60 centimes aux auteurs, compositeurs, éditeurs, et toujours 68 centimes aux artistes interprètes. Bref, si l’on considère le message diffusé par les producteurs, les artistes sont les grands vainqueurs du streaming, puisqu’ils gagnent le plus sur les abonnements mensuels. Mais ces chiffres font l’impasse sur la nécessaire comparaison entre le revenu moyen par titre pour l’artiste dans le cadre du streaming ou dans celui du téléchargement légal et même dans la vente de supports physiques. Un indicateur toutefois : les revenus générés par le streaming ne représentent encore que 16 % des revenus de la musique enregistrée.

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