Aux États-Unis, deux membres de la chambre des représentants viennent de déposer un projet de loi pour interdire les États fédéraux d’interdire le chiffrement des smartphones, comme on a pu le voir en Californie ou dans l’État de New-York.

données privées

Aux États-Unis – et plus généralement dans le monde entier – une bataille fait rage autour du chiffrement des smartphones. Deux clans s’opposent : ceux qui souhaitent que le chiffrement des terminaux mobiles soit impossible à outrepasser, et ceux qui veulent intégrer des portes dérobées dans les téléphones pour permettre aux autorités de déchiffrer facilement un appareil. À la fin du mois de janvier, dans l’État de Californie, un projet de loi a été déposé afin d’interdire la vente de smartphones dotés d’un système de chiffrement impossible à désactiver par le fabricant ou l’éditeur du système d’exploitation. En clair, tous les smartphones sous Lollipop et Marshmallow ainsi que les appareils sous iOS.

Un projet de loi similaire a également été déposé dans l’État de New York plus tôt dans le mois. Pour contrer ce type de projets, deux membres de la chambre des représentants des États-Unis viennent de déposer un projet de loi.

 

Une interdiction d’interdire

Le projet de loi vise à faire interdire les législations des états fédéraux l’obligation pour les constructeurs, développeurs, vendeurs ou opérateurs d’offrir la possibilité de déchiffrer les téléphones. De plus, le projet de loi vise à interdire l’altération des fonctionnalités de sécurité dans le but de placer une porte dérobée (backdoor) au sein des terminaux. On se rappelle justement que le FBI souhaite la mise en place de portes dérobées pour accéder plus facilement aux données chiffrées.

 

Le risque des backdoors

Malheureusement, la mise en place de backdoors pose un véritable problème de sécurité. En effet, si les agences gouvernementales peuvent accéder facilement aux données chiffrées, les pirates pourront trouver des moyens détournés de passer par cette porte de service. D’ailleurs, Ted Lieu (l’un des deux pères de cette proposition de loi qui dispose d’un diplôme d’informatique), rappelle que le département de Justice vient tout juste d’être hacké en dévoilant les noms de 20 000 agents du FBI. Si ces organisations n’arrivent pas correctement à se protéger, comment est-il possible de protéger des appareils dotés de protes dérobées ?

Si le projet de loi parvient à se frayer un chemin jusqu’au bureau du Président des États-Unis pour être signé, après un passage par la Chambre des Représentants et du Sénat, il pourrait annuler les deux projets de loi en Californie et à New York. En France, aucune initiative en ce sens n’a été prise, même si on sait que François Molins, procureur de Paris, apprécie assez peu le chiffrement des smartphones qui ralentit les enquêtes.