Les développeurs se plaignent de voir leurs jeux plagiés sur l’Android Market.

L’Android Market devient de plus en plus agréable, autant pour les possesseurs de terminaux, que pour les développeurs. On a pu voir arriver, l’ajout d’un onglet avec des applications similaires, une refonte de l’application et même une version web, avec installation à distance. Du côté des développeurs, ils peuvent maintenant avoir accès à des statistiques détaillées, écrire une plus longue description, fournir des vidéos… Il y a donc du progrès, mais certains points restent encore à améliorer.

La boutique se caractérise aussi par sa grande ouverture : aucun contrôle n’est effectué avant qu’une application ne soit soumise. Il y a certes la vérification qu’aucun malware ne soit embarqué, mais le contenu n’est pas vérifié. Cela pousse certaines personnes à développer un clone d’une license célèbre pour se l’approprier. A cela s’ajoute le fait qu’une nouvelle application a des difficultés à se faire connaître à sa naissance. Il est possible de demander à ce que des sites en parlent, mais sur une masse aussi importante, il est impossible qu’elles fassent toutes l’objet d’un article.

Un développeur anglais, Kevin Baker, se plaint de cette politique :

« J’ai un jeu sur le market qui s’appelle Sinister Planet, qui est sorti il y a huit mois. Les ventes ont été assez lentes, avec une faible progression mois après mois, même si elle avait beaucoup de bonnes critiques. Le problème principal est que la découverte d’application sur l’Android Market est difficile, et Google n’aide pas avec celles mises en avant. En effet, elles sont généralement créées par Google ou des portages d’iPhone. Les développeurs indépendants comme moi n’auront jamais une bonne visibilité.

Un de mes clients m’a envoyé un mail il y a trois semaines, et m’a informé qu’une autre société vendait une version similaire de mon application, piratée et mise à ligne. Bien évidemment, j’ai contacté Google tout de suite. Il a fallu deux jours pour que l’application soit supprimée. L’éditeur vendait aussi d’autres jeux piratés. J’ai contacté les développeurs des jeux originaux, mais une semaine plus tard ils y étaient encore. Google pourrait avoir une hotline pour ce genre de choses !

Je voudrais aussi noter que l’éditeur vendant les jeux piratés est encore présent sur l’Android Market. Ils n’ont même pas suspendu son compte. S’il y avait des malwares, ne serait-ce pas le meilleur endroit pour les installer ? »

Le constat est plutôt amère et on voit que Google a vraiment du travail à effectuer sur ce point. Le consommateur ne se rend pas compte de ce problème. Néanmoins, il s’agit clairement d’un vol. Sur Sinister Planet, les ressemblances sont frappantes : sur la première capture, l’application piratée est à gauche et l’originale à droite. Les graphismes sont moins bons, mais on voit clairement les similitudes.

Malgré la publication de cette information sur des sites comme Slashdot ou le journal The Gardian, l’éditeur Joyworld propose toujours une application sur l’Android Market. Dans le passé, 14 jeux étaient vendus sur l’Android Market. Comment se fait-il que Google n’ait pas réagit, alors que le compte existe depuis le 17 février ?

En ce qui concerne le piratage, Google indique faire le nécessaire pour qu’une application soit quasiment inviolable. Pour cela, un système de signature de code, permettant d’identifier l’application, est utilisé. Dans ce cas, rien n’a pour autant été détecté.

La seule solution semble de rejoindre « The Android Developers Union », un groupe destiné à alerter Google sur les mauvaises pratiques et les améliorations à effectuer.

Source : The Guardian