Le Bluetooth Special Interest Group vient de dévoiler les spécifications de la norme Bluetooth en version 4.2. Au programme : des transferts plus rapides, plus sécurisés et qui consommeront moins d’énergie tout en permettant la création de nouveaux usages dans l’Internet des objets.

Bluetooth 4.2

Sur son site Internet, le groupement d’industriels (12 entreprises) en charge du développement de la norme Bluetooth vient de dévoiler les spécifications de sa version 4.2, pratiquement un an jour pour jour après avoir dévoilé le Bluetooth 4.1. Si la version 4.1 permettait de réduire les interférences, de raccourcir le temps de connexion, d’augmenter la capacité des transferts et de permettre à un périphérique d’avoir plusieurs rôles (par exemple la montre qui reçoit des informations d’une ceinture cardiofréquencemètre tout en envoyant des informations au smartphone), la version 4.2 va encore plus loin.

Sécurité et confidentialité

Trois axes principaux ont été travaillés : la sécurité, la rapidité des transferts et l’économie d’énergie. Un trio parfait pour accélérer l’émergence des objets connectés. Pour commencer par le domaine de la sécurité, la fonctionnalité LE Secure Connections apporte un nouveau chiffrement lors de l’appairage pour plus de sécurité. La fonctionnalité LE Privacy 1.2 empêche, quant à elle, de suivre un utilisateur par l’intermédiaire de son objet connecté Bluetooth s’il ne l’accepte pas explicitement. Typiquement, cela concerne les magasins qui installent des bornes Bluetooth (beacon) un peu partout pour suivre le parcours des clients via l’adresse MAC de leur périphérique Bluetooth. Une nouvelle fonctionnalité pratique pour ceux qui tiennent à leur vie privée puisqu’actuellement, la seule solution pour être « anonyme » est de couper purement et simplement le Bluetooth.

Bluetooth 4.2 speed

Plus de performances, moins d’énergie dépensée

Les performances et les économies d’énergie vont de pair, avec la fonctionnalité LE Data Lenght Extension. En effet, pour réduire la consommation d’énergie des appareils Bluetooth, les transferts entre les terminaux auront une capacité maximale multipliée par 10, pour des transferts jusqu’à 2,5 fois plus rapides. Les tuyaux sont plus gros et l’information circule plus rapidement à l’intérieur, ce qui permet donc aux appareils de réduire les temps de transfert et donc d’activité. On a donc au final une hausse de l’autonomie des appareils.

Internet en Bluetooth

Enfin, la dernière amélioration et sûrement la plus innovante est celle qui permettra l’émergence de nouveaux objets connectés. Regroupée sous deux fonctionnalités (Low-power IP et Bluetooth Smart Internet gateways), cette nouveauté permettra à un appareil Bluetooth d’accéder à Internet pour envoyer ou recevoir des informations, par l’intermédiaire d’une passerelle. On imagine ainsi un petit capteur placé dans une pièce dépourvue de Wi-Fi mais qui se connectera à Internet avec ce protocole. Pratique notamment pour la miniaturisation et l’indépendance des accessoires de domotique.

Le Bluetooth 4.2 devrait donc permettre de multiplier les objets connectés puisque comme le rappelle le Bluetooth SIG sur son site, l’Internet des objets (IoT) est en pleine croissance et les prédictions font état de 28 milliards d’objets connectés en 2020.

A lire sur le sujet : Notre dossier sur le Bluetooth | Les nouveautés du Bluetooth 4.1

Edit : selon Ars Technica qui a contacté le Bluetooth SIG, les fonctionnalités de sécurité sont compatibles avec les appareils Bluetooth 4.1 et 4.0 actuels avec une mise à jour du firmware. En revanche, il faudra peut-être repasser par la case FCC, ce qui pourra freiner la volonté des constructeurs. Les autres fonctionnalités nécessitent une mise à jour matérielle.