Apple a déposé un brevet qui touche le domaine de la chaîne de blocs, ou blockchain en anglais. Ce brevet décrit une méthode pour valider des transactions, ce qui pourrait permettre à Apple d’améliorer la sécurité de ses produits. On fait le point.

Tim Cook lors d’une keynote où il évoque Apple Pay

Qu’est-ce qu’une blockchain ?

Nous avons déjà commencé à publier une série de dossiers dédiés à la cryptomonnaie. Pour faire simple, la blockchain, c’est la technologie derrière le bitcoin et la plupart des cryptomonnaies. On peut traduire le terme par chaîne de blocs en français, il s’agit d’une sorte de base de données (ou un livre de compte). Cette base sert à répertorier des transactions et elle fonctionne sans tiers de confiance.

La blockchain est particulièrement innovante pour plusieurs raisons :

  • Fiable, car les informations ajoutées à la base de données sont vérifiées et validées par le programme informatique
  • Transparente, car le registre est accessible par tous (dans le cas du bitcoin)
  • Sécurisée, car elle repose sur un protocole cryptographique protégeant l’intégrité des données
  • Distribuée, car chaque ordinateur connecté au réseau possède une copie qui lui est propre, automatiquement mise à jour

Bitcoin est donc la première application à reposer sur ce nouveau type de base de données, dont les informations compilées sont des transactions en bitcoins. Néanmoins, la blockchain a trouvé de nombreuses autres utilisations, dans différents domaines, elle n’est pas réservée aux monnaies numériques.

Que veut faire Apple avec la blockchain ?

Ce brevet déposé en 2016 et en 2017 par Apple décrit une application. Cette application serait capable de certifier les horodatages en combinant la technologie blockchain avec les outils PKI (Public Key Infrastructure). Évidemment, cela nécessite quelques explications.

Ce que l’on appelle un horodatage est un mécanisme qui consiste à associer une date et une heure à un événement, une information ou une donnée informatique. Plus concrètement, Apple veut vérifier la validité d’une transaction avec un tel mécanisme. On peut imaginer des applications très variées, autour d’Apple Pay, mais pas seulement.

Le cas d’utilisation en question consiste à lier une information à une transaction particulière sur une blockchain, en établissant l’état de ces données à un moment donné. Si ces informations sont modifiées, les modifications sont enregistrées dans la blockchain et peuvent donc être vérifiées. Apple appelle cela une « architecture à plusieurs vérifications », mais le mécanisme décrit ce que l’on appelle plus communément la blockchain.

D’ailleurs, il n’est pas nouveau de voir un brevet décrire un mécanisme de blockchain. Jusqu’à maintenant, le Bureau des brevets et des marques américaines (USPTO) n’a pas concédé de brevets de blockchain. Mais, si tel était le cas, les détenteurs de brevets pourraient être en mesure de demander des millions de dollars de dommages-intérêts à d’autres utilisateurs blockchain, de refuser l’autorisation de leur technologie ou même d’exiger leur fermeture.

Les données de la base du Bureau des brevets et des marques américaines (USPTO), indiquent qu’il y a eu plus de 390 demandes de brevets liées à la technologie blockchain depuis janvier 2017. Avec les intérêts croissants du secteur public et du secteur privé, les données appuient la notion de blockchain qui connaît un boom au niveau des recherches et du développement. Pas étonnant qu’Apple s’y intéresse aussi.

Si vous ne connaissez rien aux cryptomonnaies, voici une première lecture recommandée.

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