On connaît les sprays permettant d’imperméabiliser des smartphones. Et s’il était possible, par le même moyen, de leur offrir une charge solaire ? C’est en tout cas ce sur quoi travaillent des chercheurs britanniques. A la clé, un futur où l’on pourrait recouvrir des mobiles d’une peinture capable d’assurer une charge solaire des téléphones.

Perovskite

Nombreux sont les universitaires, tout comme les services de R&D de firmes industrielles, à orienter leurs recherches autour des économies d’énergie. Entre des batteries à plus forte capacité mais dans un encombrement réduit, des écrans photovoltaïques et des systèmes de charge ultra-rapide, les avancées sont nombreuses. La toute dernière en date, évoquée par l’Université de Sheffield, en Angleterre, ouvre d’intéressantes perspectives.

L’une des difficultés rencontrées à l’usage des cellules photovoltaïques tient à leur prix, mais aussi à leur efficacité. Les chercheurs de Sheffield se sont quant à eux tournés vers la pérovskite, soit du titanate de calcium (qui tient son nom du minéralogiste russe Lev Alexeïevitch Perovski). Si sa description date du 19e siècle, son usage en tant que matériau de base de cellules solaires n’est que tout récent, le silicium étant jusqu’alors le matériau le plus couramment employé. Son atout maître : la pérovskite est nettement moins onéreuse que le silicium, et elle absorbe la lumière à partir d’un micromètre. C’est pourquoi l’innovation des chercheurs de Sheffield est si intéressante : elle propose de mélanger ces nano-cellules photovoltaïques à de la peinture en spray.

Les chercheurs considèrent que cette technique « peut être adaptée à d’importants volumes de fabrication« , même si elle n’est pas encore arrivée à ce stade de maturité. Il lui manque encore un peu d’efficacité dans la mesure où elle obtient un rendement de 11 %, contre un objectif de 19 %. Pour comparaison, le silicium atteint de son côté une efficacité de 25 %. Autant dire que l’on imagine déjà des usages dans le domaine de la téléphonie mobile, où les problèmes d’autonomie sont au centre des préoccupations des utilisateurs. Ce ne serait pas la première fois que l’on évoquerait des solutions « solaires » pour charger des appareils mobiles, mais celle-ci semble bien partie pour convaincre. Du moins lorsqu’elle sera suffisamment aboutie pour être incluse à des usages industriels.