Le média The Intercept, informé par les documents livrés par l’inévitable Edward Snowden, livre une information surprenante. D’après lui, la NSA a créé un moteur de recherches basé sur les informations récoltées dans les métadonnées de communications électroniques ou téléphoniques.

ICReach

Les documents épluchés par The Intercept sont sans appel : ils affirment l’existence d’un véritable moteur de recherches, comparable en quelque sorte à Google, créé par la NSA et lié aux données personnelles recueillies par l’agence gouvernementale américaine. Le média n’a d’ailleurs pas hésité à réaliser un montage on ne peut plus sarcastique de la chose, transformant le « I’m feeling lucky » de Google en bouton « I’m feeling invasive ». Tout un programme découvert dans les derniers documents qu’a laissé filtrer Edward Snowden.

Pour résumer son utilité, ICReach, le moteur qui nous intéresse, permet d’effectuer des recherches dans la base de données de la NSA, elle-même alimentée par les métadonnées des communications recueillies par l’agence de sécurité, estimées à 850 milliards, principalement auprès de personnes étrangères. Combinées entre elles, ces données peuvent constituer des indicateurs très précis permettant de mieux connaître des individus : autant d’informations intéressant la NSA en premier lieu, mais aussi d’autres organismes américains.

Selon le croquis ci-dessus, publié par The Intercept, ICReach, lancé en 2007, vise au partage des informations à des organismes US, tels que la CIA ou le FBI. C’est un total de 23 agences et un millier d’analystes qui seraient concernés aux Etats-Unis, mais aussi les « 5-Eyes Shareable », soit leurs comparses britanniques, australiens, canadiens et néo-zélandais, vraisemblablement avec plusieurs niveaux d’accessibilité. Un système de recherche à l’interface type-Google a donc à ce titre été développé pour autoriser la recherche d’informations à partir d’un numéro de téléphone ou d’une adresse email. Fort heureusement, ICReach n’aurait pas de rapport avec l’immense base de données de la NSA, la fameuse « Base 215 », plus vaste et plus précise. C’est en tout cas la preuve que côté surveillance, la communication entre pays fonctionne à merveille.