Spotify a réagi à « l’affaire Taylor Swift » dans laquelle le service est accusé par l’artiste de faire son business au détriment des artistes. D’après le patron de Spotify, sa société fait évoluer les paiements avec sa propre évolution, et il modifie en profondeur les habitudes des utilisateurs ainsi que le marché de la musique en général.

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Taylor Swift, artiste à succès aux Etats-Unis et partout où sévissent les adolescentes criardes, a décidé de retirer ses albums de la plateforme Spotify. Elle invoque le fait que le streaming ne lui rapporte rien, ou plutôt pas grand-chose. Pourtant, elle a laissé ses albums sur d’autres plateformes telles que Deezer ou Rdio, preuve qu’il s’agit plutôt des tarifs de rémunération établis par Spotify qui ne lui conviennent pas. L’affaire a fait un peu de bruit, et les plateformes de streaming ont été montrées du doigt – surtout dans une industrie musicale délicate où les Majors sont considérées comme des Picsou, les services de type Spotify comme des pirates, et les artistes comme des vaches à lait.

« Nous essayons de construire une nouvelle économie musicale qui marche pour des artistes d’une façon que l’industrie de la musique n’a jamais vue auparavant. Et ça marche – Spotify est le plus grand et unique levier de croissance dans l’industrie de la musique, la source numéro un de revenus croissants, et la première ou deuxième plus grande source de revenus dans la musique, dans beaucoup d’endroits. Ce sont des faits »

Le patron de Spotify a tenu à réagir sur ce sujet, et a publié un long article sur le blog officiel de la firme, expliquant le modèle économique de Spotify. Daniel Ek y explique que Spotify a versé plus de 2 milliards de dollars en royalties depuis la création du service, dont la moitié l’an dernier, et tout en sachant que l’entreprise ne dégage des bénéfices que depuis 2013. Il faut aussi savoir que la rémunération d’un artiste comme Taylor Swift peut également grimper très haut. À titre d’exemple, une chanteuse comme Lana Del Rey ou Rihanna peut percevoir jusqu’à plusieurs millions de dollars sur une année grâce au seul Spotify.

« Voici la chose que je veux vraiment que les artistes comprennent : nos intérêts sont les mêmes que le vôtres. Même si vous ne croyez pas qu’il s’agisse de notre but, regardez notre activité. Notre activité entière doit maximiser la valeur de votre musique. Nous n’utilisons pas de musique pour faire des ventes de matériel ou de logiciel. Nous utilisons de la musique pour inciter les gens à payer la musique. Plus nous grandissons, plus nous vous payerons. »

Daniel Ek explique aussi que les plateformes comme Spotify favorisent le retour à une expérience utilisateur payante, eux qui ont eu tant l’habitude de pirater la musique ces dernières années. Par exemple, sur les 50 millions d’utilisateurs actifs que possède Spotify, 12,5 millions ont opté pour l’abonnement afin de se débarrasser de la publicité. Il raconte aussi que si l’écoute est gratuite pour l’utilisateur, elle ne l’est pas pour l’artiste puisque la publicité joue son rôle et permet de dégager des revenus, et que de toute façon, le contenu gratuit permet de mettre en avant le produit de l’artiste et donc d’encourager son succès.