On a tendance à l’oublier, mais la baisse des prix des smartphones et des abonnements téléphoniques a fait une victime collatérale : les boutiques indépendantes de smartphones. La chaîne de boutique Tél and Com devrait en effet bientôt déposer le bilan.

tel and com

Après Phone House en 2013, c’est au tour de la chaîne de boutique physique Tél and Com d’être menacée par un dépôt de bilan. Selon les informations de BFM Business, l’entreprise qui compte aujourd’hui 180 magasins et 760 salariés est en péril. Un plan de sauvegarde de l’emploi est actuellement en cours de négociation, mais certains représentants du personnel pensent que l’entreprise aurait beaucoup de mal à survivre plus de 18 mois. La cause de ces difficultés ? Elles sont essentiellement dues à la perte de contrats de distribution passés avec les opérateurs mobiles. Depuis la fin de l’année 2013, Tél and Com ne travaille plus avec Bouygues Telecom et le contrat passé avec Orange se termine en juin prochain.

Pour les dernières chaînes de boutiques physiques, les contrats de distribution passés avec les opérateurs sont très importants. Le contrat passé avec Orange représentait ainsi 25 % du chiffre d’affaires de Phone House au moment de sa disparition. On imagine que le contrat passé entre Tél and Com doit également avoir un poids important dans les comptes de l’entreprise. Ces contrats passés avec les opérateurs permettent aux boutiques de vendre des téléphones subventionnés par les opérateurs et touchent une marge sur chaque téléphone et forfait vendu. Les boutiques telles que Tél and Com ou Phone House avaient beaucoup servi les intérêts des opérateurs lors de l’explosion de la téléphonie mobile il y a une dizaine d’années. Elles leur ont permis d’attirer et de prendre en charge de nouveaux clients tout en assurant un suivi que leur propres boutiques ne leur permettaient pas.

Mais l’arrivée de Free Mobile au début des années 2010, qui a engendré une baisse des prix considérables et une démocratisation des forfaits sans engagement, leur a fait beaucoup de mal. Comme le rappelle Le Figaro, de nombreux clients des opérateurs passent par Internet pour souscrire à des forfaits sans engagement et ne voient plus l’intérêt de se rendre en boutique. Il faut également préciser que l’open market s’est essentiellement développé grâce aux boutiques en ligne, sur Internet. Enfin, ces mêmes opérateurs cherchent désormais à protéger les intérêts de leurs propres boutiques plutôt que ceux des chaînes indépendantes. Le développement des offres triple et quadruple play a d’ailleurs donné encore plus de poids aux propres boutiques des opérateurs, en permettant aux conseillers de fidéliser et d’inciter les clients à souscrire à de nouvelles offres qui ne sont pas forcément liés à la téléphonie mobile et à Internet. Autant dire que sans revoir son cœur de métier, l’avenir de Tél and Com s’annonce très sombre.