L’application Gossip, publiée récemment sur l’App Store et le Play Store, crée en ce moment une vive polémique qui a poussé sa créatrice à la désactiver temporairement. L’éducation nationale semble prendre la chose très au sérieux.

gossip application

Parfois, on a de bonnes idées, et elles ne fonctionnent pas. Et puis parfois, on a de mauvaises idées, et elles fonctionnent quand même. C’est le cas de l’application Gossip, qui fait vivement le buzz sur la toile ces derniers jours. Un buzz créé aussi par une polémique autour des intentions de ses développeurs, et de l’utilisation qui en est faite. Parce que Gossip n’est pas une application comme les autres. Elle sert, un peu comme Secret, à poster des choses de manière anonyme. Et quand on choisit Gossip pour nom, largement inspiré de la série télévisée Gossip Girl, on se doute bien que le comportement des utilisateurs va se calquer sur ce qui fait le charme de la série : des rumeurs, des destructions de réputations, et j’en passe.

Pour les explications techniques, Gossip permet de poster des messages de 140 caractères maximum (comme sur Twitter) de façon anonyme, et il est également possible d’étayer des propos par des vidéos ou des photos. Rien de tel pour partager à tout le monde des photos compromettantes. Comme sur Snapchat, les messages sont éphémères et disparaissent au bout d’une dizaine de secondes. Elle a eu du succès sur l’App Store notamment, où ils étaient environ 10 000 par jour à la télécharger. Le public est d’ailleurs très jeune, et ce ne sont pas des signes PEGI 16 qui dissuadent ce petit monde.

De son côté, celle qui est à l’origine de cette application explique qu’elle voulait que cette application soit « bon enfant, sympathique ».On peut dire que c’est raté. Évidemment qu’une telle application est utilisée à mauvais escient, et pas seulement pour écrire « Florent est amoureux de Nadia mais n’ose pas lui dire hihi ». La dame s’est depuis défendue, dénonce l’utilisation qui en est faite, et a temporairement suspendu son application de l’App Store. Oui, mais elle compte bien la réintégrer avec des demandes de renseignements plus poussées et en faisant passer la classification de PEGI 16 à PEGI 18 (génial). Diverses associations contre le harcèlement scolaire dénoncent les faits et demandent le retrait définitif de l’application sur les différents stores, tout comme les associations lycéennes. Même la ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem y est allée de son petit commentaire, indiquant qu’il fallait être extrêmement vigilant avec les messages qui sont postés sur Gossip.

On estime que presque 10 % des élèves entre le CE2 et le lycée sont victimes d’harcèlement scolaire. La définition du terme « harcèlement scolaire » peut aussi bien englober les insultes que la violence physique, et cela représente tout de même plus de 700 000 cas, dont plus de la moitié seraient victimes de harcèlements sévères, provoquant souvent des troubles psychologiques.