Vous vous souvenez du reportage de Cash Investigation ? C’était en novembre 2014. En 2016, d’après le rapport d’Amnesty International, les choses n’ont pas vraiment changé. Elles se sont sûrement dégradées.

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Le prochain reportage sur le sujet fera sensation, c’est évident. Avec un bon titre et de belles images, le doute n’est pas permis.

Intéressons-nous au cobalt, un minerai qui sert à fabriquer notamment les batteries au lithium utilisées dans la construction des smartphones, tablettes et ordinateurs portables. Chaque année, la demande de cobalt augmente de 5 %.

Il suffit de se rendre en République du Congo pour trouver ces fameuses mines. Le rapport d’Amnesty International est accablant. Il met en évidence les conditions de travail mortelles, mais aussi le mutisme autour de cette activité très peu contrôlée. Sans parler du travail des enfants, une activité largement pointée du doigt par Amnesty International.

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En effet, une fois extrait, le cobalt est vendu dans des maisons d’achats. La loi congolaise n’oblige pas les acheteurs à connaître la provenance et l’origine du matériau. À la manière d’une « route de la soie » moderne, le cobalt est ensuite vendu en Asie pour la fabrication de nos smartphones et tablettes. Dans ce rapport, Sony et Samsung sont montrés du doigt. Ces fameuses marques ne peuvent pas vraiment le contrôler, même si elles ferment parfois les yeux.

Il est nécessaire d’avoir une vraie prise de conscience, du côté des consommateurs, nous. Nous devrions pouvoir connaître l’origine des composants et des matériaux de nos smartphones, et acheter en connaissance de cause nos produits technologiques.

Qui doit-on blâmer ? Les constructeurs de smartphones ? Les États où se trouvent les mines ? Notre gouvernement qui n’impose pas assez de règles pour assurer ce type de transparence ? Si les conditions de travail dans les usines chinoises accaparent facilement l’attention des médias, le sujet de l’extraction des matériaux reste trop souvent discret.