C’est officiel, Benoît Loutrel reprendra les rênes de la direction des affaires publiques et des relations institutionnelles de Google France. Une nouvelle qui fait du bruit.

Google France a annoncé que son prochain directeur des affaires publiques et des relations institutionnelles serait Benoît Loutrel. L’homme n’est rien d’autre que le directeur général actuel de l’Arcep. Cela a appelé un certain nombre de remarques.

Un problème de « souveraineté numérique »

Benoit Loutrel est un habitué des grandes institutions, françaises et internationales. Après avoir travaillé à l’INSEE, la Banque Mondiale (à Washington, puis à Paris), il avait rejoint le régulateur des télécoms français en 2003. Il est nommé directeur général du régulateur une décennie après en 2013. On peut donc comprendre les réactions surprises suite au recrutement de cet ancien élève de polytechnique. Ces réactions se sont cependant dotées d’un volet politique. Ainsi, pour la présidente de la commission de la culture du Sénat, Catherine Morin-Desailly, il s’agit d’un vrai problème de « souveraineté numérique ».

Outre des réactions d’anonymes et de journalistes, on constate également des réactions du côté des opérateurs. Ainsi, du côté d’Orange, son responsable du « développement du numérique pour tous » évoque un manque de déontologie de Loutrel. Pourtant, ce phénomène de défection des hauts fonctionnaires vers le privé, appelé « Pantoufle » n’est pas nouveau. On pensera notamment à Emmanuel Macron, qui doit 50 000 euros à l’État, puisqu’il n’avait pas servi dans la fonction publique pendant au moins 10 ans.

Une nomination dans un contexte particulier

Pourtant, ce qui peut légitimement inquiéter, ce n’est pas le passage au privé. Mais plutôt le contexte dans lequel ce recrutement arrive. L’ARCEP a ainsi été dotée il y a quelques mois de nouveaux pouvoirs, en matière de neutralité du net notamment. Comme nous le notions, cela fait de l’organisme le gardien de la neutralité du net.

Or on imagine que Benoît Loutrel apportera cette connaissance de l’ARCEP à son nouvel employeur. Il est de plus à noter que l’organisme doit toujours décider si Google doit être considéré comme un opérateur de télécom, et non seulement comme un fournisseur de services.

L’ARCEP n’a pas communiqué officiellement sur cette affaire. L’organisme s’est contenté d’indiquer au site Next Inpact que la commission de déontologie des agents publics avait été consultée.