« Les MVNO doivent absolument survivre au passage à la 4G », c’est le titre de l’entrevue avec Francis Lorentz réalisée par le Journal du Net. M. Lorentz est le président de l’Institut de l’Audiovisuel et des Télécommunications en Europe, une entreprise de conseil dans le milieu des média et des télécoms.

Nous vous invitons à lire cette entrevue qui, bien qu’un peu trop en surface, aborde des aspects intéressants sur le marché européen dont la structure économique est encore embryonnaire (bien que technologiquement plus avancée qu’ici en Amérique du Nord) et en particulier la situation actuelle des MVNO en France.

Les MVNO sont des opérateurs virtuels qui ne détiennent aucun réseau mais qui exploitent le réseau d’opérateurs existants. Cette définition semble sans ambiguïté à première vue et pourtant, sur le marché, rien n’est clair.

Deux visions économiques s’opposent :

  • L’opérateur virtuel est une entreprise parfaitement indépendante des opérateurs classiques. Il peut changer de fournisseurs de bande passante, voir exploiter plusieurs réseaux à la fois. Son rôle économique est d’écouler les ressources non exploitées par les opérateurs classiques.
  • L’opérateur virtuel est une succursale d’un opérateur classique et fait partie intégrante de son offre commerciale. Son rôle est de cibler des marchés de niche que l’opérateur classique ne peut adresser pour des raisons d’image et/ou de lisibilité de l’offre commerciale (difficile de vendre un forfait jeune quand on se donne une image d’opérateur d’entreprise). C’est majoritairement la situation au Canada.

Mais en France, beaucoup de MVNO se trouvent pris dans un certain flou. En effet, à part Ten (qu’Orange avait racheté mais qui finalement ne prend plus de nouveaux clients), les opérateurs virtuels sont dans la première situation.

Mais sont-ils réellement indépendants ? Dans la pratique (et comme M. Lorentz le laisse entendre dans son entrevue), ils ne peuvent pas changer de réseau et on leur impose parfois même la mention du réseau dans leurs publicités.

Ils participent donc à l’écoulement (facturé par les opérateurs classiques) des ressources non utilisées tout en permettant aux opérateurs classiques d’adresser un marché de niche. Une situation gagnante à tous les coups pour l’opérateur qui tire tous les bénéfices d’une succursale sans les désavantages.

Dans ce contexte, comment va se passer le prochain saut technologique (vers la 4G) vis-à-vis des MVNO, ces entreprises qui, en tout, totalisent moins de 6% des parts de marché ? La question était posée dans l’entrevue mais aucune réponse n’est apportée.

Et pour cause, les opérateurs classiques n’ayant pas acheté leurs MVNO ne vont certainement pas leur laisser profiter gratuitement d’un tout nouveau réseau onéreux si facilement. Le prix à payer sera probablement excessif et les MVNO français risquent fort de rester bloqués un certain temps sur la technologie précédente comme l’a été Mobile Viking, le MVNO Belge.