Le système d’exploitation basé sur Linux, Ubuntu, sera optimisé pour les smartphones, tablettes et télévisions. Seulement il faudra attendre jusqu’en 2014 (ndlr : deux ans après la fin du monde :/) !

Le système d’exploitation libre Ubuntu est basé sur la distribution Linux Debian. Aujourd’hui, il s’agit de la référence dans le monde de l’open source, car Canonical (la société à l’origine) a su simplifier les mécanismes de ce système qui sont parfois compliqués pour un utilisateur lambda.

La distribution officiellement maintenue (car il existe des variantes sur KDE, Xfce, LXDE…) utilise le gestionnaire de bureau Unity, contre Gnome auparavant. Cette nouvelle interface est simplifiée et s’ouvre au grand public. Sachant que la hiérarchie à l’écran est plus facile d’accès, nombre de tablettes Android ont aujourd’hui un portage vers Ubuntu. Mais ce système reste pensé pour les ordinateurs et atteint rapidement ses limites sur une interface tactile de 10 pouces. De plus, c’est principalement l’architecture Intel qui est supportée, là où les ARM sont encore en retrait.

« C’est une expansion naturelle de notre idée d’Ubuntu et de Linux pour les êtres humains. Compte tenu du fait que les personnes sont passées de leur écran d’ordinateur à de nouveaux outils informatiques, il est important pour nous de tendre la main à notre communauté sur ces plate-formes » Mark Shuttleworth (via 20 min)

Partant du double constat : attrait des utilisateurs, mais peu adapté aux terminaux mobiles, Canonical vient d’annoncer aujourd’hui une adaptation pour les smartphones, tablettes et télévisions. Malheureusement, l’attente sera longue car il faudra attendre avril 2014 pour une sortie officielle (c’est-à-dire Ubuntu 14.04). Mais comme à l’accoutumée dans le monde du libre, il sera possible d’y goûter avant, avec toutefois la possibilité de rencontrer des bugs.

Cette évolution vers les terminaux mobiles s’inscrit dans une logique : les ventes d’ordinateurs stagnent voire baissent légèrement aujourd’hui. Sachant que GNU/Linux peine à percer dans ce domaine, Canonical souhaite se tourner vers un marché en croissance. Bien que l’annonce n’ait eu lieu qu’à l’occasion de l’Ubuntu Developer Summit, Mark Shuttleworth, PDG de Canonical indique être en discussions avec des partenaires depuis plus de 18 mois.

Le récent rachat de Motorola Mobility par Google a profondément bouleversé le marché. Bien que les acteurs proposant des terminaux sous Android se sont tous montrés ravis de cette annonce, il est fort probable que les dents aient grincé en coulisses. Ubuntu pourra donc être une très bonne alternative, là où Meego Tizen a échoué dans le 100% open source.

Mais d’ici à 2014 le marché aura fortement évolué et la croissance actuelle se sera peut être tassée. De plus, les consommateurs auront cernés le marché autour des systèmes les plus forts. Or l’arrivée d’un nouvel arrivant devra se faire au prix d’une forte valeur ajoutée et de l’apport de nouveautés, sans quoi il ne sera qu’un pion de plus.

Bien qu’Ubuntu puisse adapter sa distribution aux terminaux mobiles, il faudra tout de même des changements profonds au niveau des applications. A l’heure actuelle, elles sont principalement écrites en GTK (utilisé par Gnome) et QT (à la base de KDE et du défunt Meego). Or, même s’il existe widget et autres au format «mobile», la cible visée reste les ordinateurs et aucun mécanisme simple ne permet pour le moment d’écrire une application qui saura s’adapter directement au type de terminal.

L’arrivée d’Ubuntu est donc une bonne nouvelle, mais elle ne pourra être un succès que si les bibliothèques, frameworks… existants s’adaptent à des terminaux différents des ordinateurs classiques.

N’hésitez pas à lire l’interview de Mark Shuttleworth sur ZDnet pour d’autres informations sur l’avenir d’Ubuntu.