Depuis le 11 mai dernier, il est possible de déposer un projet français sur la plateforme de financement participatif Kickstarter. Les premiers projets sont en ligne depuis le 27 mai dernier. Nous étions présents lors des sessions de rencontre avec l’équipe Kickstarter en France et nous avons compilé les conseils afin de réaliser ce tutoriel à destination tous ceux qui veulent se lancer dans l’aventure.

Kickstarter France

Le financement participatif est devenu un moyen comme un autre de financer un projet. Que ce soit l’enregistrement d’un CD, l’ouverture d’un bar ou encore la production de matériel technologique, de nombreux entrepreneurs passent par le financement participatif pour mener à bien leur projet. Kickstarter est l’une des principales plateformes avec plus de 84 000 projets financés et 1,5 milliard de dollars engagés par plus de 8,5 millions de contributeurs depuis la création de la plateforme en 2009. Kickstarter vient de se lancer en France, au mois de mai, afin de permettre à des porteurs de projets d’utiliser la plateforme pour financer leur projet. Auparavant, les utilisateurs français de Kickstarter pouvaient uniquement contribuer à un projet.

A lire sur le sujet : Pour son arrivée en France Kickstarter tente de séduire les porteurs de projet

Il est donc désormais possible d’accéder à l’espace de création d’un projet sur Kickstarter depuis la France, avec un compte en banque et une adresse en France. Avant l’arrivée dans l’hexagone de Kickstarter, il fallait disposer d’un compte et d’une adresse dans un des pays où la plateforme était présente. Pas très pratique. Désormais, il suffit de se rendre sur la page française pour disposer de l’interface de création. Première étape : il faut choisir le nom de son projet, et surtout, la catégorie parmi 15 disponibles. Votre projet ne rentre dans aucune catégorie ? C’est qu’il n’a pas sa place sur Kickstarter.

Kickstarter tutoriel

C’est ensuite que la procédure se complique un peu. Il faudra en effet remplir les présentations du projet, choisir une image, la durée de la campagne ou encore l’objectif de financement. Heureusement, l’équipe de Kickstarter ne vous laisse pas seul face aux questions qui vont surgir dans votre tête et il existe un mode d’emploi particulièrement intéressant à lire sur la plateforme. De passage à Paris, Chris Beck – en charge de la validation des projets chez Kickstarter – a apporté quelques réponses aux principales questions que l’on peut se poser en tant que porteur de projet, mais aussi quelques chiffres pour rassurer (ou pas) les entrepreneurs.

On apprend ainsi que 40 % (seulement) des projets atteignent leur objectif. Il faut savoir que sur Kickstarter, si vous n’atteignez pas votre objectif, vous ne récupérez aucune contribution. Elles ne sont alors pas débitées du compte des contributeurs. En revanche, plus rassurant, 79 % des projets qui sont parvenus à atteindre 20 % de leur objectif ont été intégralement financés par la suite. Autre chiffre qui peut rassurer : 75 % des projets qui ont au moins 25 contributeurs sont intégralement financés à la fin de la période de financement. La communication autour du projet est donc l’élément primordial : il faut faire connaître le projet, par tous les moyens possible.

Kickstarter tutoriel tente en bois

Pour augmenter l’attrait du projet face aux contributeurs potentiels, il faut que la page du projet soit attirante. Il faut donc de nombreuses images (photos ou illustrations) et la présence d’une vidéo est primordiale. Une vidéo permet de donner de la vie au projet et de rassurer les contributeurs qui pourront mettre un visage sur un nom. Il est important de sentir que le projet est porté par des êtres humains et non des robots cachés dans l’ombre des pixels d’Internet. D’ailleurs, lier son compte Facebook au projet permet de lui donner un peu plus de vie, avec votre photo de profil et vos amis. On a alors moins peur de l’arnaque. Si vous avez déjà des prototypes ou des plans, montrez-les, cela prouvera que le projet n’est pas un simple rêve. Il est important de montrer que vous avez la tête sur les épaules et que vous avez prévu de nombreux scénarios et les éventuels risques. Il ne faut pas avoir peur de parler des risques, cela fait partie du projet et les contributeurs sont prêts à prendre le risque, sinon, ils ne seraient pas sur Kickstarter, mais dans les rayonnages de la FNAC.

 

La vidéo de présentation

Puisque le projet est lancé depuis la France, on peut se poser des questions quant à la langue utilisée pour le texte et la vidéo. La réponse dépendra de la cible. Si vous pensez que votre projet n’a aucune chance d’intéresser des contributeurs étrangers (et encore, les surprises dans le domaine du financement participatif sont monnaie courante), il n’est pas forcément utile de traduire la page du projet en Anglais et de sous-titrer la vidéo. Toutefois, il est préférable de traduire la page du projet en anglais et de sous-titrer la vidéo pour augmenter les chances d’attirer d’éventuels contributeurs étrangers. Il est même possible de réaliser une vidéo en Anglais et une autre en Français, au moins sur la partie voix off. Pour les projets dotés d’un rayonnement international, il est préférable de réaliser la vidéo en anglais, ainsi que la page, et pourquoi pas de proposer un résumé traduit dans différentes langues.

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Le montant de l’objectif de financement

Il faut ensuite annoncer le montant de l’objectif de financement. À titre d’information, 60 % des projets se situent dans la fourchette comprise entre 900 et 9 000 euros. Demander plus de 9 000 euros sera davantage compliqué, mais rien n’est impossible. Pour la petite histoire, le projet Coolest de glacière connectée qui a été financé à hauteur de 13 millions de dollars à l’été dernier a rencontré quelques difficultés avant de réussir. En effet, son créateur avait lancé un premier projet de financement participatif à l’hiver 2013, mais n’avait pas réussi à atteindre son objectif de 125 000 dollars (à 25 000 dollars près). Quelques mois plus tard, l’homme a réussi à atteindre un record de financement pour Kickstarter, avec un second projet et une communication un peu différente. On imagine aussi qu’on a plus de mal à contribuer pour une glacière en hiver qu’en été. La saisonnalité compte donc et il faut alors réfléchir au meilleur moment pour lancer son projet. En parlant du financement, il faut savoir que Kickstarter prélève 5 % du montant financé et entre 3 et 5 % pour les frais de paiements prélevés par son partenaire Stripe.

 

Les récompenses pour attirer les contributeurs

Pour inciter les contributeurs à financer de manière importante le projet, les récompenses sont là pour ça. Il s’agit de proposer une récompense selon le montant de la contribution. La récompense peut prendre la forme du produit final, d’une visite dans les locaux de l’entreprise, ou encore d’une rencontre autour d’un café. Pour information, l’engagement le plus courant se situe aux alentours de 25 euros alors que le niveau qui génère le plus d’argent pour le projet tourne autour de 100 euros. Le nombre idéal de récompenses pour inciter le contributeur à supporter le projet est entre 5 et 7. Si vous n’êtes pas anglophone, les équipes de Kickstarter ont dressé une liste de 96 récompenses sympathiques pour les contributeurs et un sujet dédié sur les forums de la plateforme devrait vous donner des idées.

Kickstarter récompenses

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer et à faire parler de votre projet et vous deviendrez peut-être le prochain Pebble Time. Bon courage !

 

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