Nest, le spécialiste des objets connectés racheté par Google pour 3,2 milliards de dollars en janvier 2014, aurait bien du mal à convaincre les dirigeants d’Alphabet, la maison-mère de Google, sur sa rentabilité à moyen terme. Il se murmure que l’entreprise ne parviendrait pas à réaliser ses objectifs et que les équipes seraient démotivées.

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De nombreux médias américains font actuellement le même constat : Nest ne va pas bien. La « petite » société spécialisée dans la domotique et les objets connectés (thermostat, détecteurs de fumées, alarmes et caméras connectées) que Google avait rachetée en janvier 2014 contre 3,2 milliards de dollars ne parviendrait en effet pas à réaliser les objectifs fixés par Google lors de son rachat. Plus précisément, Nest ne parvient pas à tenir ses objectifs seuls.

 

Des objectifs financiers non atteints

Le site Re/Code, toujours très bien informé lorsqu’il s’agit de savoir ce qu’il se passe à la tête des grandes sociétés de la Silicon Valley, explique ainsi que lorsque Google a racheté Nest en 2014, il était convenu plusieurs points. La première était que Nest disposerait d’un budget annuel conséquent étalé sur trois ans qui interdirait à ses principaux cadres et fondateurs de quitter l’entreprise durant les trois années à venir. Ce budget est ainsi estimé par le site américain à 500 millions de dollars par an, ou 1,5 milliard de dollars sur trois ans. Un investissement très important, donc.

Nest Camera (2 sur 5)

La Nest Camera, issue du rachat de Dropcam.

En contrepartie, Google avait exigé de Nest qu’il réalise un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros annuels. Un chiffre que Nest semble avoir atteint cette année, puisqu’on estime son CA à environ 339 millions de dollars. Le problème, c’est que ce beau résultat, Nest le doit en grande partie à Dropcam, une société américaine spécialisée dans les caméras de surveillance que Nest a rachetée dans le courant de l’année 2014 pour 555 millions de dollars.

 

Une ambiance de travail détestable

Les derniers résultats financiers de Nest auraient ainsi eu beaucoup de mal à convaincre les dirigeants d’Alphabet, qui commencent sérieusement à regretter leur achat. Re/Code sous-entend ainsi que le plan de financement annuel qui doit se terminer à la fin de l’année ne devrait pas être reconduit. Et Alphabet ne s’interdirait même plus d’écarter purement et simplement Nest de son organisation.

Du côté de Nest, en interne, ce n’est pas beaucoup plus brillant. Dans une récente enquête, le site Business Insider révélait que l’ambiance à l’intérieur de l’entreprise était détestable. Non seulement les cadres de Nest désireraient plus que tout revendre leurs actions, mais en plus la société ferait face à un phénomène de turn-over très important du côté de ses ingénieurs. Quant aux fondateurs et dirigeants de Dropcam ils affirment désormais publiquement regretter d’avoir revendu leur société à Nest et indiquent les conditions de travail chez Nest n’étaient pas propice à la création.

Bref, Nest va mal, très mal, et il ne serait pas étonnant que Google s’en sépare à moyen terme. Une méfiance qui se ressent déjà, puisque l’on apprenait il y a quelques jours que Google avait décidé de retirer la conception d’un concurrent de l’Amazon Echo des mains de Nest pour le fabriquer par ses propres équipes. Le genre de geste qui ne traduit pas franchement une confiance aveugle.