La chaîne de boutique Tél and Com a attaqué l’opérateur Bouygues Telecom en justice et lui réclame 134 millions d’euros. Tél and Com estime en effet que l’opérateur français a rompu trop brutalement son contrat avec lui en 2013, alors qu’il aurait dû respecter un préavis de 30 mois.

tel and com

Tél and Com est une chaîne de boutiques physiques spécialisées dans la vente de smartphones et de caméras de surveillance. Elle fait partie des sociétés qui ont énormément souffert de l’arrivée de Free Mobile sur le marché des télécoms, qui a d’une part incité les gens à prendre des smartphones et des forfaits sur Internet et non plus en boutiques, et surtout a démocratisé les forfaits sans engagements.

Et c’est justement le principal problème de Tél and Com depuis le début des années 2010. Une bonne partie de son chiffre d’affaires – jusqu’à 25 % dans certain cas – était en effet intimement lié aux opérateurs : Tél and Com se chargeait de vendre des smartphones et forfaits subventionnés par les opérateurs et touchait une marge sur chaque vente. Un système qui s’est effondré avec l’arrivée de Free Mobile.

 

Un préavis de 30 mois aurait été nécessaire

Au point qu’à la fin de l’année 2013, Bouygues Telecom a mis un terme au contrat qui le liait à Tél and Com. Une fin de contrat qui, selon Tél and Com, aurait été brutale étant donné la quinzaine d’années de relations commerciales que les deux partenaires ont passées ensemble. Au point que Tél and Com estime désormais que Bouygues Telecom aurait dû mettre en place un délai de préavis de 30 mois. Tél and Com attaque donc l’opérateur français devant le tribunal de commerce de Paris à ce titre et lui réclame maintenant 134 millions d’euros.

Ce passage devant le tribunal intervient alors que Tél and Com a vu récemment son plan de sauvegarde de l’emploi être annulé. Initié en mai 2015, ce plan de sauvegarde de l’emploi avait touché 716 salariés, qui touchaient alors depuis un cinquième de leur salaire. Depuis l’annulation de ce plan, ces derniers ont maintenant la possibilité d’aller aux prud’hommes et de réclamer 12 mois de salaires.