L’heure est à la conquête de l’international pour Honor. La jeune marque sous le giron de Huawei, l’un des piliers des télécoms chinois, vise l’Occident. Elle s’est donc invitée sur une partie du très grand stand de son aînée lors du CES 2015, à Las Vegas. L’occasion pour nous de rencontrer le vice-président de la marque, Dragon Yin, et d’évoquer ensemble la stratégie de Honor, mais aussi ses ambitions pour l’avenir.

Honor

« Nous avons confiance en nos produits, et savons qu’ils sont meilleurs que ceux des autres marques » : comparant le smartphone que j’utilise en tant que dictaphone, un Oppo Find 7a, à son tout récent Honor 6 Plus, Dragon Yin donne le ton. Fier de sa marque, convaincu de son potentiel, il développe avec conviction la thématique de la confiance. L’homme est vice-président (Vice Chairman Honor Overseas Business) de la marque créée par Huawei, qui vise à apporter des smartphones haut de gamme, à bas prix, en Chine mais aussi aux pays occidentaux. Honor a ainsi fait son entrée sur les portails Amazon d’une poignée de pays européens en octobre dernier, avec à l’affiche un Honor 6 facturé 300 euros, puis un Honor 3C positionné en entrée de gamme. Face à lui, des marques telles qu’Oppo, Xiaomi et les géants de la téléphonie. « For the Brave », le slogan de Honor, semble parfaitement correspondre à la marque comme à l’homme.

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Vers les États-Unis et au-delà

« Brave » au point de ne pas s’arrêter à l’Europe. « L’année prochaine, nous nous focaliserons sur l’Asie Pacifique, sur l’Europe et sur les marchés émergents. Nous viserons l’Inde, la Russie et le Brésil », explique Dragon Yin. Mais pas seulement. D’après son dirigeant, Honor devra répondre à certains impératifs pour se positionner sur le territoire américain, à commencer par le choix du SoC animant ses appareils. « Nous pensons pouvoir lancer nos produits sur le marché américain avant la fin du deuxième semestre, avec des puces Qualcomm ». Rappelons qu’à l’inverse, les Honor actuels sont animés par des SoC Kirin de HiSilicon, l’une des filiales de Huawei. « Le marché américain est fortement marqué par les opérateurs », explique-t-il, ce qui entrave le développement de Huawei aux USA. En revanche, « le business model de Honor est basé sur l’e-commerce, et [la marque] aura davantage d’opportunités sur ce marché ». Thématique récurrente chez Honor, la notion de confiance revient là encore dans les propos de Dragon Yin.

 

Lollipop sera emporté par deux nouvelles gammes de produits

Si Honor vise une expansion internationale, c’est aussi parce que ses débuts européens le satisfont. Nous n’aurons pas de chiffres de ventes exacts, bien que la firme chinoise, nous a-t-on indiqué, a compté parmi les meilleurs vendeurs d’Amazon durant la période de décembre 2014.

Pour appuyer ces résultats, Honor compte ne pas perdre ses clients dans une gamme de produits trop large. « L’année prochaine, nous aurons quatre ou cinq nouveaux terminaux mobiles », assure Yin. On connaît déjà la teneur de son catalogue présenté à l’occasion du Mobile World Congress de Barcelone, tout début mars prochain. Il y sera question du fameux Honor 6 Plus, facturé autour de 300 euros – ce prix n’est pas encore exactement fixé – mais aussi deux autres gammes de téléphones. « Nous lancerons des produits d’entrée de gamme autour des 100 euros. Ce seront les Holly 1 et Holly 2. »

Honor Holly

Le Honor Holly actuellement en vente.

Si Yin ne s’est pas étendu sur les caractéristiques des appareils en question, inutile de chercher bien loin pour les retrouver. Le Holly premier du nom (et seul connu au bataillon) a été lancé en Inde notamment, où on le trouve chez Flipkart, en octobre dernier. L’appareil tourne sous Emotion UI 2.3 basé sur Android 4.4.2, avec un SoC MediaTek MT6582 à 1,3 GHz, 1 Go de RAM, une mémoire extensible et un écran IPS de 5 pouces pour une définition 720p. On voit assez bien ce type de produit prendre la relève de l’actuel Honor 3C, commercialisé au tarif de 129 euros mais rapidement concerné par une offre de remboursement de 30 euros sur la plateforme Amazon, d’autant plus que sa mise à jour vers Lollipop semble assez douteuse, d’après les propos de Yin.  On rappellera tout de même qu’il n’est pas certain que l’intégralité de ces produits sorte sur tous les marchés européens, et que les prix qu’il nous a fournis s’apparentent visiblement aux conversions tarifaires brutes des prix pratiqués actuellement en Chine.

Honor ne compte pas s’en tenir à ces deux Holly. Cerise sur le gâteau, et cette fois dans une fourchette de prix situé autour de 200 euros, Dragon Yin évoque deux autres terminaux, modèles qui embarqueront d’office Lollipop… et dont nous n’avons pas été autorisés à divulguer les noms. « Ils sont situés en milieu de gamme. Au MWC, vous pourrez voir les produits officiels », lance le vice-président de la marque, avec qui rendez-vous est donc pris à Barcelone. « Après cela [la sortie de ces milieux de gamme], nous mettrons à jour le Honor 6 vers Lollipop. Peut-être le Honor 3C sera-t-il mis à jour dans un troisième temps. »

 

Le contrat de confiance

Pour assurer la pérennité de sa marque, Honor mise sur un service après-vente aux petits soins. « Nous comptons utiliser Internet pour changer la manière dont se passe le service après-vente. Nous avons confiance en nos produits, et les taux de retours sont très bas, moins de 2 %. » D’où un choix plutôt généreux pour le client : « Si vous achetez un terminal Honor et que vous avez des problèmes dans les six mois suivants, nous vous l’échangerons. Nous paierons également pour le retour. Après ces six mois, nous avons également une garantie d’un à deux ans, où nous vous réparons le téléphone mais ne l’échangeons pas contre un produit neuf. »  Pas sûr que cette procédure soit tout à fait celle qui sera en vigueur en Europe, la communication de Honor précisant de son côté que la garantie constructeur assurée par la marque en Europe court sur deux ans dans tous les cas, avec réparation ou échange à neuf selon la gravité de la panne.

SAV

Capture d’écran issue de cette vidéo

Toujours sur la thématique de la confiance, Dragon Yin poursuit dans le domaine du logiciel, atout indispensable du succès selon lui. « Cette année, nous allons faire d’importants investissements en marketing en Europe, y compris en France. Le software va faire toute la différence entre les produits. Toutes les deux semaines, nous allons mettre à jour nos produits, avec nos propres ingénieurs », bien que cette fréquence soit portée à un mois en Europe. « Des ingénieurs viendront en France ou en Allemagne pour communiquer avec les utilisateurs. Notre objectif est d’écouter leurs retours. Nous sommes sûrs que les autres marques chinoises ne peuvent pas faire la même chose dans le domaine du logiciel. » On peut d’ailleurs attendre des spécificités logicielles établies en fonction des marchés où seront commercialisés les prochains Honor, mais aussi, dans le domaine des produits, à un raccourcissement du délai entre la mise en vente des téléphones en Chine et à l’international. Certains pays devraient même, à l’avenir, accéder à certains modèles un peu en avance des autres. Espérons que la France en fasse partie.