Twitter attaque en justice le département américain de la Sécurité intérieure et lui reproche d’avoir tenté d’enfreindre la liberté d’expression, et le Premier amendement de la Constitution, en demandant de lever l’anonymat d’un compte opposé à l’administration Trump.

Aux États-Unis, la Constitution est quasi sacrée. Avec cela en tête, autant dire que le Premier amendement de celle-ci est carrément vénéré. Pour rappel, ce dernier indique la chose suivante : 

Le Congrès n’adoptera aucune loi relative à l’établissement d’une religion, ou à l’interdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la liberté d’expression, de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement ou d’adresser au Gouvernement des pétitions pour obtenir réparation des torts subis.

Or c’est bien le Premier amendement qu’invoque Twitter dans sa plainte déposée auprès d’un tribunal californien à l’encontre du département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Le réseau social accuse en effet l’administration du président Donald Trump de violer la Constitution. 

Identifier les opposants politiques

Twitter reproche aux autorités d’avoir demandé de lever l’anonymat du compte de l’Alternative US Citizenship and Immigration Services, inscrit sur le réseau social sous l’identifiant @ALT_uscis. Ce compte a été créé en janvier dernier, au moment de l’investiture de Donald Trump. Son objectif est clairement de s’opposer au président controversé. Le gouvernement américain a évidemment la main sur tous les comptes Twitter officiels relevant de ses responsabilités.

Or, comme son nom l’indique, @ALT_uscis se présente comme étant le Service américain alternatif de la citoyenneté et de l’immigration. On peut donc facilement supposer qu’un ou plusieurs employés se cachent derrière ce compte. Si leurs identités venaient à être dévoilées, ils pourraient perdre leurs postes. 

Justifications insuffisantes

C’est donc pour découvrir qui était le mouton noir dans ses rangs que l’administration Trump a voulu lever l’anonymat de @ALT_uscis. Mais d’après Twitter, une telle action remet en cause le droit à la liberté d’expression. L’entreprise estime que les justifications du département de la Sécurité intérieure ne sont pas convaincantes. 

Dans son dépôt de plainte, long de 25 pages, Twitter cite plusieurs publications du compte en question et affirme que celui-ci ne fait rien de plus qu’exercer son droit à la liberté d’expression.