Deux mastodontes s’affrontent actuellement devant les tribunaux : l’équipementier Qualcomm et le constructeur Apple.

Apple et Qualcomm

Qualcomm compte tout simplement demander à l’ITC, une agence américaine, l’arrêt de la commercialisation de l’iPhone aux États-Unis. C’est en tout cas ce que rapporte Bloomberg. Comment en est-on arrivé là ? La situation est un poil compliquée. Il existe, en effet, tout un tas d’accords entre les acteurs du marché. Avant de s’y intéresser, il est important de connaître l’activité de Qualcomm.

Pourquoi Qualcomm veut stopper la commercialisation de l’iPhone ?

Qualcomm est un équipementier américain qui conçoit des SoC pour équiper des millions de smartphones avec la gamme Snapdragon que vous connaissez. C’est également un fabricant de modems pour l’iPhone, entre autres. L’iPhone 7, par exemple, est équipé de puces 4G LTE d’Intel et de Qualcomm. Apple a choisi de diversifier sa chaîne d’approvisionnement pour le dernier modèle, nous vous en parlions en septembre dernier.

Qualcomm possède également de nombreux brevets liés aux technologies sans fil. Si vous vendez un smartphone avec un chipset Intel (ou d’un autre fournisseur), vous devez bien entendu verser une compensation à Qualcomm pour les brevets en question, que l’on appelle royalties. Environ 1/3 des revenus annuels de Qualcomm provient du versement de royalties par de nombreux acteurs du secteur.

L’iPhone 7 est équipé de modem Qualcomm et Intel, en fonction des modèles

Plus tôt dans l’année, Qualcomm a admis que certains fournisseurs d’Apple avaient commencé à stopper les paiements de ces fameuses royalties. Apple a également arrêté le versement de ces royalties, faute d’accord trouvé l’année dernière. En effet, l’entreprise de Cupertino est d’avis que les frais demandés par Qualcomm sont trop élevés. Elle s’en plaignait en début d’année, estimant que ces frais freinaient l’innovation.

Au-delà de ce point, Qualcomm a également arrêté de verser des royalties à Apple, qui possède également des brevets dans le domaine des technologies sans fil. Ce jeu de vases communicants, comme l’appelle iGen, ne fonctionne plus.

Qualcomm estime le manque a gagner à plus de 500 millions de dollars sur le premier trimestre de cette année, Apple réclame plus d’1 milliard de dollars, les deux entreprises se retrouvent donc devant les tribunaux. L’affaire devrait durer assez longtemps, mais il est peu probable que Qualcomm arrive à stopper la commercialisation de l’iPhone.