Ello commence fort. Ce nouveau réseau social, disponible pour l’heure uniquement sur invitations, commence déjà à faire parler de lui malgré sa courte existence. Et voici pourquoi.

Ello

Présenté un peu partout comme le réseau social « anti-Facebook », Ello a été lancé cette année mais connaît, depuis quelques semaines, une ascension que l’on pourrait qualifier de fulgurante. Quand on parle de Facebook comme d’un réseau de moins en moins séduisant pour la jeune génération, et qu’il souffre de la défiance des internautes, devant la multiplication des ciblages publicitaires dans ses colonnes et les risques de diffusion de la vie privée qu’il est susceptible d’engendrer, son destin n’étonne pas.

« Simple, beau et sans publicité »

De son côté, Ello joue la sobriété. Son leitmotiv ? « Simple, beau et sans publicité ». Inutile de chercher qui se trouve en plein dans la ligne de mire de ce réseau social lancé par des anti-Facebook patentés. « Chaque post que vous partagez, chaque ami que vous vous faites et chaque lien que vous suivez est tracké, enregistré et converti en data. Les publicitaires achètent vos données pour vous montrer encore plus de publicités. Vous êtes le produit qui est acheté et vendu ». Inutiles d’enfoncer plus loin des portes ouvertes dans le domaine du « si c’est gratuit, c’est vous le produit ». Personne n’espère qu’avec un peu plus d’un milliard d’inscrits, le service de Mark Zuckerberg fasse dans la philanthropie, bien que chacun soit en droit d’espérer un respect absolu de sa vie privée.

Ello

Ello a été lancé en mars dernier, initialement dans le but de rester privé, mais son succès lui a valu un autre destin : avec 4000 demandes d’inscriptions revendiquées chaque heure, il se veut un concurrent de poids à Facebook. Certains y voient d’ailleurs un lieu satisfaisant pour la communauté LGBT, alors qu’il y a une quinzaine, un drag-queen américain se voyait sommé d’utiliser son véritable nom plutôt qu’un pseudonyme sur Facebook. La semaine dernière, The Daily Dot allait jusqu’à titrer « Le grand exode gay depuis Facebook commence » dans un article consacré au succès d’Ello. À son crédit, les amateurs relèvent la possibilité de s’inscrire rapidement avec un pseudonyme, de partager des statuts sous forme de textes, photos et vidéos, de suivre des contacts placés dans une liste Friends (les amis) et Noise (ceux dont on est moins proche).

Le réseau social de l’avenir ?

La promesse d’anonymat et de confidentialité d’Ello ne signifie pas qu’aucune donnée n’est collectée par le site. Dans un éclairage publié en juillet dernier, le réseau social l’affirmait : des données « anonymisées », c’est-à-dire agrégées et dépouillées d’adresses IP précises, sont récoltées dans le domaine de la localisation des utilisateurs, de leur langue et du temps passé sur Ello notamment. Et le site se protège tant bien que mal : « Si vous choisissez d’utiliser un navigateur Chrome, un smartphone Android ou si vous avez récemment utilisé des services tels que Google Search ou YouTube, votre navigateur ou terminal peut envoyer des données à Google qu’Ello ne contrôle pas ». Autre pierre d’achoppement : les revenus. Initialement prévu pour un usage privé, Ello croît à une large vitesse, si bien que chacun peut désormais s’inscrire, sous réserve de disposer d’une invitation fournie par un ami déjà inscrit, ou bien de s’ajouter à la liste d’attente présente sur l’accueil du site. Sans publicité, la question de la viabilité du service se pose donc, bien qu’une levée de fonds (auprès de FreshTracks Capital, presque 500 000 dollars) au printemps dernier ainsi qu’un système de dons soit actuellement en place. Passé l’effet de mode, le côté « bio » de ce réseau social tout frais, tout neuf, que restera-t-il d’Ello ? On attend du moins la création d’une app pour mobiles qui viendra apporter un deuxième souffle à ce réseau pour le moment uniquement accessible via des navigateurs.