Une douzaine de médias américains est actuellement en cours de négociations avec Facebook. Leur objet : faire en sorte que le réseau social héberge une partie de leurs articles en son sein.

Facebook

C’est le New York Times qui annonce l’information, à prendre encore au conditionnel dans la mesure où l’accord n’est pas encore signé, et il est bien placé pour le faire. Car si le média américain peut aujourd’hui parler d’un partenariat en cours de négociations entre Facebook et certains titres américains, c’est bien parce qu’il compte justement parmi les publications concernées par les tractations en cours.

Qu’il soit en perte de vitesse auprès des jeunes, qui lui préfèrent désormais – parfois – des applications de type Snapchat, Facebook n’en reste pas moins le leader incontesté en termes de réseaux sociaux. Il compte 1,39 milliard d’utilisateurs dans le monde, et se trouve de ce fait intrinsèquement lié à la visibilité de contenus de médias, même si la portée de leur publication n’atteint plus depuis longtemps les 100 % espérés. Et c’est actuellement avec une douzaine de médias américains que Facebook négocie actuellement, dans le secret, afin d’héberger leur contenu dans ses colonnes. Toujours d’après le New York Times, il s’agirait notamment de son propre cas, mais aussi de BuzzFeed et du National Geographic. On parle en outre du Huffington Post et de Quartz. Pour le cas de BuzzFeed, le partenariat semble d’autant plus sensé que le site, créé en 2006, mise sur des contenus viraux, qui s’appuient donc nécessairement sur la force de propagation que représentent les réseaux sociaux.

 

Des contenus taillés pour les réseaux sociaux

Dans le cas des médias d’information plus traditionnels, il semble surtout qu’il s’agisse là d’une affaire de raison. Facebook privilégie en effet nettement les contenus sponsorisés sous forme de vidéos, plus lucratifs en termes de revenus publicitaires, au détriment des articles rédigés. Il s’agit donc pour les sites d’information de s’offrir une visibilité supplémentaire dans les colonnes du réseau de Mark Zuckerberg, mais au prix de quelques concessions. Il s’agit en effet pour Facebook d’éviter de passer par l’ouverture de liens dans un navigateur externe, qui ralentit l’expérience utilisateur, et donc d’héberger des articles… avec ses propres contraintes. Les contenus publiés par son intermédiaire devraient ainsi répondre à des impératifs formels et être livrés rapidement avec, à terme, le risque d’être uniquement pensés dans une perspective de viralité.

Du point de vue de Facebook, l’arrivée d’informations hébergées dans ses colonnes dans les mois à venir est le signe d’une transition amorcée par Snapchat, dont le service Discover a été lancé en début d’année. Le réseau social doit, pour assurer sa pérennité, trouver de nouveaux moyens de conserver ses abonnés, dont la moyenne d’âge vieillit et qui tendrait à moins utiliser ses services. Conserver ses membres dans son écosystème, un enjeu qui passera par une valeur ajoutée de son réseau social et, du côté mobile, par la diversification de ses activités. On pense notamment à l’arrivée d’une application Phone sous forme de pavé d’appel permettant à l’utilisateur d’obtenir des informations précises sur son interlocuteur.