Vivre sans Internet. On en a tous fait l’expérience pendant les vacances ou une visite chez les grands-parents. Il est vrai que pour ceux qui ont l’habitude d’être toujours connectés, cela peut être synonyme d’ennui profond. Néanmoins, l’expérience n’est pas si difficile à vivre que cela. C’est en tout cas la conviction que j’ai.

mobile-phone-426559_1920

Les fêtes de Noël et de fin d’année approchent et plusieurs d’entre nous s’apprêtent à passer quelques jours chez des parents ou grands-parents, dans le respect de la tradition de cette fête familiale. Or une visite chez les doyens de la famille implique, pour un bon nombre de personnes, d’être coupé d’Internet. C’est mon cas. Loin de moi l’envie de faire de ma situation une généralité, mais je suis persuadé de ne pas être la seule personne au monde dont les aïeuls vivent sans accès au web.

J’ai récemment eu une nouvelle occasion de me couper du réseau, lors d’un bref weekend chez ma grand-mère. Cette dernière n’a aucune connexion Ethernet ou Wi-Fi. En outre, elle habite en Belgique (eh oui, la moitié de ma famille vient du Plat Pays) et mon forfait mobile français ne me permet pas d’activer l’itinérance de mes données sans payer une somme faramineuse. J’étais donc coupé d’Internet, totalement.

Comme à chaque fois que j’en fais l’expérience, je me rend compte à quel point, en temps normal, je passe de nombreuses heures sur le web, à naviguer d’une page à l’autre, à la recherche d’une actualité intéressante, d’un YouTuber que je ne connaissais pas ou de la dernière perle virale apparue dans le monde merveilleux d’Internet.

Tromper l’ennui

Néanmoins, je me rend compte également que je n’y suis pas forcément addict. Ou en tout cas beaucoup moins que je ne pourrais le croire. Deux ou trois heures suffisent généralement à m’habituer et à laisser mon smartphone de côté. Il suffit simplement de faire l’effort de l’oublier. Force est d’admettre dans ces moments-là,  on apprécie encore plus le dernier bouquin que l’on a acheté, les nombreux bienfaits d’une sieste réparatrice et on redécouvre tout l’intérêt des DVD à regarder en famille (Netflix n’étant malheureusement pas accessible).

Il est vrai que je considère le web comme l’un des outils les plus efficaces pour tromper l’ennui. Mais je suis également parfaitement conscient que ce sentiment pernicieux peut très facilement être combattu par d’autres moyens. À 23 ans, j’ai effectivement toujours vécu avec Internet — j’ai tout de même connu le son mélodieux du modem 56k — mais on m’a beaucoup trop souvent rabâché les mêmes clichés sur ma génération qui serait toujours connectée et ne saurait plus profiter des « des choses simples de la vie ».

Nous ne sommes pas si accros

Foutaises. À 15, 20 ou 30 ans, toute personne est capable de se couper d’Internet et de reconnaître les vertus apaisantes d’une telle cure, que ce soit pendant seulement un weekend ou pour un voyage d’un mois. Dans la vie quotidienne, il est vrai que l’on est nombreux à être le nez collés sur les écrans de nos smartphones ou de nos ordinateurs. Cela ne fait pas de nous forcément des personnes moins intéressantes ou cultivées. Simplement, le monde change ainsi que les moyens de communication on se doit de s’y adapter pour ne pas se retrouver marginalisé socialement ou professionnellement. Bien sûr, il y en aura toujours pour en abuser et s’en rendre complètement dépendants.

Mais cela n’empêchera jamais la majorité des internautes d’apprécier à sa juste valeur « la vie réelle », notion que l’on adore opposer au virtuel. Au contraire, on aurait même tendance à l’apprécier encore plus puisque l’on est régulièrement plongé dans le numérique.

Et pour cette raison, je ne rechignerai jamais à aller voir ma grand-mère même si cela signifie être coupé du monde merveilleux d’Internet pendant quelques jours.