L’obsolescence programmée, une tendance qui met en rage les consommateurs. Les produits high-tech n’y échappent pas. Les pannes de smartphones et tablettes seraient planifiées par les fabricants pour inciter à leur renouvellement. Existe t-il des solutions pour y faire face ?

Dossier

Si les produits sortis sur le marché semblent de plus en plus innovants, impossible de compter sur leur longévité. En effet, les fabricants n’hésitent pas à limiter volontairement la durée de vie des produits pour accroitre la demande du consommateur. Un phénomène qui a de terribles conséquences sur l’environnement, mais aussi sur notre porte monnaie.

L’obsolescence programmée est un symptôme de notre société d’hyper consommation, elle-même drainée par des individus toujours plus matérialistes. Les consommateurs lorgnent fréquemment sur le dernier smartphone en date, dont l’esthétique les laisse rêveurs. Ne vous cachez pas, nous vous connaissons bien. Pas étonnant donc que la périodicité de renouvellement d’un téléphone mobile soit fixée à seulement vingt mois. Mais si nous avons notre part de responsabilité dans cet engrenage malsain, l’obsolescence programmée résulte surtout des stratégies des fabricants en quête de bénéfices.

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De plus en plus conscients d’être les victimes de l’obsolescence programmée, les consommateurs – que nous sommes – ouvrent les yeux sur cette pratique particulièrement fructueuse pour les fabricants. L’obsolescence technologique est la plus connue de toutes. Elle consiste à limiter, exprès, la durée de vie d’un appareil. En d’autres termes, on fait tout pour que la machine résiste le moins longtemps possible. Ceci est particulièrement notable pour les machines à laver, connues pour fonctionner jusqu’à 2000 à 2500 cycles maximum. Les ampoules sont aussi un très bon exemple. Elles ne dépassent pas plus de 1000 heures de fonctionnalité aujourd’hui.

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 L’ampoule de Livermore

Toutefois, l’ampoule centenaire de la caserne de pompier de Livermore brille elle depuis 1901. Une webcam a même été installée devant elle pour en témoigner. En ce qui concerne les smartphones, leur durée de vie est équivalente à environ deux à trois ans seulement !

De surcroît, les consommateurs sont totalement désarmés face à l’obsolescence par « défaut fonctionnel ». Cette forme d’obsolescence organise la mort tout entière de l’appareil à partir du moment où une seule et unique pièce venait à défaillir. Du côté des téléphones portables par exemple, il suffit que la batterie tombe en panne pour qu’ils deviennent inutilisables.

Cette forme d’obsolescence est d’ailleurs complétée par l’obsolescence indirecte, qui vise à empêcher la réparation d’un produit avec des accessoires associés qui ne seraient plus disponibles dans le commerce, type batterie ou chargeur. À noter également que les récents gadgets technologiques sont dorénavant conçus pour ne pas être démontés. Il est par exemple impossible de modifier les composants de l’iPad pour rendre sa durée de vie plus performante.

Enfin, il existe une forme d’obsolescence par incompatibilité, particulièrement significative sur le marché des smartphones et des tablettes. De nombreux terminaux, considérés comme trop anciens, ne bénéficieront jamais des nouvelles mises à jour disponibles sur les modèles récents. Même chose pour le téléchargement d’applications.

pannes de smartphones et tablettes : jusqu’où ira t-on dans l’obsolescence programmée ?

L’obsolescence programmée est une menace pour l’environnement

Aujourd’hui !

Vous pouvez très bien déjouer le jeu des constructeurs. Afin de donner quelques mois de vie supplémentaires à votre téléphone, nous avons plusieurs astuces.

Si vous voulez profiter de la dernière version « Android » ou de la dernière « fonctionnalité », vous n’êtes pas obligé d’attendre que le constructeur ou l’opérateur s’en charge. Sur notre forum par exemple, des milliers d’utilisateurs mettent les mains dans le cambouis. Il faut s’y connaître un « petit peu », néanmoins cela devrait donner un coup de fouet à votre appareil Android.

Côté « matériel », la plupart des pannes concerne la batterie du téléphone. Rassurez-vous, si votre téléphone est commun, vous n’aurez aucune difficulté à mettre la main sur une nouvelle batterie. Soyez attentifs à la provenance de cette batterie. D’autres « pannes » concernent l’écran ou des éléments internes aux appareils. Le site iFixit a démonté une grosse partie des téléphones disponibles en magasins, ce site peut donc vous donner de précieuses informations. Par exemple, le niveau de « réparabilité ». Nous savons par exemple que le HTC One a obtenu une des plus mauvaises notes à ce test.

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Des marchands en ligne permettent de se procurer certains éléments (écrans, cartes mère), malheureusement les téléphones sont souvent très difficiles à « opérer ». Je vous conseille donc de vous tourner vers un spécialiste, sans oublier de lui demander un devis au préalable.

Enfin, si la « cause » de votre appareil est irrécupérable, de nombreux sites vous proposent de racheter votre appareil afin de le recycler ou de le revendre en pièces détachées.

Demain ?

Pour faire face à ce phénomène, Europe Écologie Les Verts, soutenu par le Centre Européen de la Consommation, a décidé de faire appel à la loi. En effet, une proposition de loi « visant à lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits » a été enregistrée par le Sénat le 18 mars dernier, et fera l’objet d’un débat demain, mardi 23 avril 2013. Le texte propose, entre autres, d’étendre la durée légale de conformité des produits électriques et électroniques, de deux ans actuellement, à trois ans au 1er janvier 2014, quatre ans au 1er janvier 2015 et cinq ans au 1er janvier 2016. Pour chaque appareil acheté, le consommateur devrait aussi avoir accès à l’information sur sa durée de vie. Proposition très intéressante également : le consommateur devrait pouvoir disposer des pièces détachées indispensables à la réparation d’un appareil dans un délai d’un mois, et ce pendant une période de dix ans à partir de l’achat.

Une telle loi pourrait ainsi protéger le consommateur face aux fabricants qui privilégient eux la sur-consommation. Elle permettrait également de faire face au gaspillage, particulièrement nocif pour l’environnement. La production de déchets n’a jamais été aussi élevée en France. C’est plus de 500 kg de déchets qui sont jetés par personne et par an, sans compter les déchets indirects, issus du processus de production. L’urgence écologique est donc là. Cette prise de conscience suffira t-elle à contrer les fabricants ? La vraie question est toutefois de savoir si une économie viable est possible sans obsolescence programmée. La croissance à tout « prix », c’est le réel moteur de ce phénomène…